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Taux d'intérêts


Discussion sur la tendance des taux d’intérêts
Septembre 2007 -
Par Paul-André Pinsonnault
Économiste principal, Revenu fixe
Groupe Économie et Stratégie
Financière Banque Nationale
L'été fut fertile en émotion. C'est le moins que l'on puisse dire. La crise de liquidité qui a frappé le marché monétaire au niveau international fut sans aucun doute l'un des points culminant. Les banques centrales ont réagi à la crise en ouvrant une grande variété de vannes de sécurité – la Fed en ajoutant de la liquidité pour maintenir les taux des fonds fédéraux près de leur cible, en réduisant le taux d’escompte et en permettant des financements de 30 jours. Cependant le marché perçoit ces mesures comme n'étant qu'un premier pas sur la voie d'un assouplissement que la Fed devra suivre.
En effet, en date de mardi, le marché des options sur les fonds fédéraux indiquait que les participants estimaient à 60% la probabilité que lors de sa réunion du 18 septembre, le FOMC abaissera son taux cible de 50 points de base.
La probabilité attribuée à une baisse de 25 points de base n'était que de 34%. Selon nous le marché risque d'être déçu, car nous croyons que le taux cible sera porter de 5,25% à 5 %, soit une baisse de 25 points de base.
Les délibérations du FOMC sont publiées dans leur intégralité après cinq ans.
Il est donc possible de savoir quel était la teneure des discussions lorsque la Fed a débuté son cycle d'assouplissement de la politique monétaire par une baisse de 50 points en janvier 2001. À l'époque la croissance économique s'était mise à décélérer plus rapidement que prévue. Les ventes de Noël n'avaient pas été reluisantes. Selon Greenspan, le PIB risquait fort de stagner au premier trimestre. De plus selon lui les statistiques économiques qui devaient être publié prochainement seraient sans doute décevantes. Si on lit entre les lignes, il nous semble que le risque d`une récession était certainement présente à l'esprit des membres du FOMC. L'histoire nous a démontré que pour remettre l'économie sur les rails lorsqu'elle tombe en récession, les
« Fed Funds » en terme réel doivent être ramené au moins à 0%. À l'époque l'inflation mesuré par le
« PCE Core » se situait à 1,5% et IPC de base lui avoisinait les 2,6%. Pendant ce temps, le taux de la Fed était de 6,5%. Donc dans l'éventualité d`une récession la Fed aurait sans doute besoin de couper son taux cible d'au moins 400 point de bases. Étant donner l'ampleur de la distance à parcourir, une politique des petits pas (25 basis points par réunion) ne faisait aucun sens. La décision d'agir promptement était pleine de bon sens.
En 1998, lors de la dernière crise de liquidité, la Fed a suivit une approche beaucoup plus modérée.
En effet elle a débuté son cycle d'assouplissement avec une baisse de 25 points de base. La lecture du compte rendue de la réunion ou cette décision fut prise indique que à l'époque la Fed prévoyait que l'économie américaine devrait connaître un rythme de croissance d'environ 1,5% étant donné l'impact de la crise de liquidité, si la politique monétaire demeurait inchangée. De plus, leur projection suggérait qu'une baisse du taux directeur de 75 points de base serait suffisante pour ramener l'économie à son potentiel de croissance en 2000. La Fed affectivement suivit son plan de match, procédant avec trois baisse de 25 points de base pour ramener son taux directeur à 4,75%.
La conclusion que l'on peut tirer de ces deux exemples est que la Fed ajuste sa politique monétaire en se basant sur ses prévisions de croissance et d'inflation. En juillet 2007, la Fed a présenté ses prévisions pour l'année 2008 (PIB: 2,5%-2,75% et l'inflation 1,75%-2%). La question que l'on doit se poser à ce moment-ci est de combien la Fed va-t-elle révisé ses prévisions à la lumière de la conjoncture actuelle? Il est vrai que les écarts de rendement se sont élargis, mais dans bien des cas les taux absolus de long terme demeurent inférieur à ce qu'ils étaient en juin.
Nous croyons donc que les révisions à ses prévisions ne justifieront pas aux yeux de la Fed qu'elle procède avec une coupure de 50 points de base.


Mai 2007 - Par Stephen Jarislowky
Président du conseil, Jarislowsky Fraser
On pouvait vivre des revenus de ses obligations, mais il y a bien
longtemps de cela. Maintenant, elles servent de police d'assurance dans
votre portefeuille, pas plus. À l'époque, les portefeuilles
institutionnels contenaient surtout des obligations, car le souvenir des
faillites et des lourdes pertes des années 1930 hantait encore leurs
gestionnaires.
La mondialisation du secteur des placements s'accélère plus que jamais.
À mes débuts, en 1955, les investisseurs canadiens détenaient presque
exclusivement des actions et des obligations canadiennes, et
vraisemblablement un petit nombre d'actions américaines. Il existait alors
deux types d'actions canadiennes : les actions de premier ordre et les
autres, soit celles des sociétés minières et des ressources naturelles. Le
pétrole n'a pris de l'importance qu'après les découvertes de LeDuc en
Alberta.
À l'époque, les portefeuilles institutionnels contenaient surtout des
obligations, car le souvenir des faillites et des lourdes pertes des
années 1930 hantait encore leurs gestionnaires. L'analyse de titres n'en
était qu'à ses tout débuts au Canada. En fait, très rares étaient les
analystes qui avaient les entreprises dans leur mire. Les courtiers
étaient maîtres de l'« information », ne se gênant pas pour faire circuler
rumeurs et ouï-dire. Évidemment, cette information était très sommaire.
On n'entendait pas parler de fonds de couverture, de prises de contrôle
d'entreprise, d'options sur actions et de toutes ces histoires de
rémunération démesurée des dirigeants. Les titulaires de MBA étaient très
rares, presque introuvables dans les banques, dans les compagnies
d'assurance, etc. Le président de la Banque Royale de l'époque, James Muir,
se méfiait de toute personne qui détenait un diplôme d'études
postsecondaires et se sentait particulièrement à l'aise lorsqu'il était
entouré de gens venant des Provinces maritimes.
Les délits d'initiés et les commissions de placement élevées existaient
déjà, et l'avidité n'était pas moins grande qu'aujourd'hui. Toutefois, les
investisseurs - même s'ils se faisaient plumer et escroquer, surtout ceux
qui achetaient des actions des sociétés minières - conservaient une part
plus élevée des gains des sociétés dans lesquelles ils avaient placé leur
argent que de nos jours.
Nous avons financé la constitution en société de Jarislowsky Fraser, en
rédigeant un article pour le magazine Fortune sur la façon de « plumer le
public» en faisant la promotion d'actions dépourvues de valeur
sous-jacente. Les actions spéculatives étaient monnaie courante à
l'époque. Marqués par la Dépression et la guerre, les gens épargnaient et
considéraient les obligations comme les placements les plus sûrs. Durant
les années 1970, je voyais encore dans les sociétés de fiducie des comptes
qui étaient demeurés entièrement investis dans les obligations depuis le
krach boursier de 1929.
En 1950, on pouvait vivre très à l'aise avec un revenu annuel de 5 000
dollars, somme qu'un placement obligataire sûr de 100 000 dollars pouvait
nous fournir, un montant considérable pour l'époque, tout de même. En
1950, un café coûtait 5¢ et un billet d'autobus ou de tramway sensiblement
la même chose. J'ai payé 24 000 dollars ma première maison, avenue
Beverley à Mont-Royal. Les taux d'intérêt étaient presque les mêmes
qu'aujourd'hui, soit 4 % sur les obligations, mais aussi sur mon emprunt
hypothécaire.
Aujourd'hui, vous ne pourriez certainement pas vivre dans mon ancienne
maison de l'avenue Beverley en comptant seulement sur les intérêts offerts
sur des obligations. À lui seul, votre compte de taxes foncières grugerait
probablement une bonne partie de vos revenus.
Les liquidités et les obligations ont leur utilité à court terme, mais
elles ne conviennent pas dans une perspective de long terme. Au contraire,
un portefeuille devrait contenir deux choses une « police d'assurance »
sous forme d'espèces et d'obligations, au cas où - pour quelque raison que
ce soit - le marché boursier devienne très déprimé (auquel cas vous ne
devriez pas vendre), et des liquidités pour acheter des actions à prix
d'aubaine (alors même que vous craignez le plus d'investir). N'oubliez pas
qu'il faut « acheter à bas prix et vendre à prix fort » ! Or, pour y
arriver, vous devez connaître les marchés et savoir maîtriser vos
émotions.


Février 2007 - Cliquez
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20 mai 2006 - Cliquez
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