Chroniques sur l'économie

Budget fédéral 2010

9 mars 2010 - Consultez le document « Budget fédéral 2010 » en format pdf.

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Perspectives des devises

Mai 2009 - Consultez le document « Perspectives des devises » en format pdf.

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Faits saillants : Québec - Budget 2009

Mars 2009 - Consultez le document « Québec - Budget 2009 » en format pdf.

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Faits saillants du budget 2009 : le Plan d'action économique du Canada

Le 27 janvier 2009 - Consultez le document « Faits saillants du budget 2009 » en format pdf.


Perspectives des marchés en 2009 de Fidelity Canada - Faits saillants

Le 16 janvier 2009 - Consultez le document « Perspectives des marchés en 2009 de Fidelity Canada - Faits saillants » en format pdf.


Historique des taux d'intérêts depuis 1980

Juin 2008 - Consultez le document « Historique des taux d'intérêts depuis 1980 » en format pdf.


Les placements mondiaux et le dollar canadien

Le 12 mai 2008 - Consultez cette publication « Placements FranklinTempleton » en format PDF. Il est à noter que cette publication date de l'année 2006.


Le huard vers les 80 cents US ?

Bloomberg - Avril 2008 - Le huard est susceptible de piquer du nez cette année et de retomber à 80 cents US — son plus bas niveau par rapport au dollar américain depuis 2005 — alors qu'un ralentissement économique hérité des États-Unis affectera le commerce, selon des stratèges de BNP Paribas, première banque française.

« Nous prévoyons que le dollar canadien chutera brutalement en 2008 », souligne Ian Stannard, stratège de BNP Paribas établi à Londres. « L'activité va ralentir passablement rapidement au Canada, ajoute-t-il, en raison des répercussions de la situation aux États-Unis, qui se transformera en récession. »

Le huard s'échangera dans une fourchette de 1,20 $ CAN (83,33 cents US) à 1,25 $ CAN (80 cents US) par rapport au dollar américain cette année, ce qui correspondrait au niveau d'août 2005, selon la prévision de BNP Paribas.

Hier, le huard s'échangeait au cours de 1,0217 $ CAN au dollar américain à Toronto. Un dollar canadien achète 97,46 cents US.

Les autres devises

De janvier à mars cette année, le huard s'est déprécié de 2,8 % par rapport à la devise américaine. Parmi les 16 devises les plus échangées, la devise canadienne est l'une des quatre qui ont perdu de la valeur face au dollar américain. En outre, le huard a reculé de 16 % par rapport au franc suisse et de 14 '% par rapport au yen.

« La corrélation entre les économies américaine et canadienne est très forte, avance M. Stannard. Je ne crois pas que la dissociation entre les deux économies va se matérialiser. Le Canada subira de plein fouet l'impact de la récession américaine. »

Les stratèges de BNP Paribas prédisent que la Banque du Canada abaissera son taux directeur d'un autre point de pourcentage cette année, à 2,5 %.

Le 4 mars dernier, la banque centrale canadienne a réduit on taux d'un demi-point de pourcentage, à 3,5 %. Selon la prévision médiane de 14 analystes sondés par Bloomberg, la Banque du Canada réduira son taux d'un demi-point de pourcentage, à 3 %, au cours du deuxième trimestre. Les décideurs de la banque doivent se réunir le 22 avril prochain.

« Le ralentissement mondial actuel provoqué par le glissement de l'économie américaine vers une récession aura vraisemblablement des répercussions négatives importantes sur le dollar canadien, en particulier si les prix des produits de base sont sous pression », écrivaient hier dans une note à des clients des stratèges de BNP Paribas.


Faits saillants du budget fédéral de 2008

Le 27 février 2008 - Consultez cette publication « Fidelity » en format PDF.


Le dollar canadien - Pourquoi cette volatilité ?

Le 20 décembre 2007 - Consultez cette publication « Perspective McLean Budden » en format PDF.


Le déséquilibre du marché résidentiel américain l'amplifie

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège

Loin de se résorber, le déséquilibre du marché résidentiel s'amplifie. Dans le secteur du logement existant, le nombre de maisons unifamiliales vendues en septembre dernier a été inférieur de 30 % au sommet atteint en septembre 2005. Par contre, durant cette période, le nombre de maisons unifamiliales à vendre a augmenté de 56 %. Pas étonnant donc que le stock de maisons unifamiliales à vendre représente maintenant 10,2 mois de ventes, contre 4,6 mois il y a deux ans. Le stock de maisons à vendre par rapport aux ventes n'a jamais été aussi élevé depuis mai 1986.

Dans le cas des copropriétés, qui représentent environ 13 % des ventes de maisons existantes, le stock de condos à vendre a grimpé de 80 % en deux ans. Il représente maintenant 12,6 mois au rythme actuel des ventes, contre 5,1 mois il y a deux ans.

En septembre dernier, le prix médian des maisons existantes vendues était en baisse de 9,0 % par rapport au sommet atteint en juillet 2006. Mesuré en termes réels, c'est-à-dire dégonflé par l'indice des prix à la consommation, le prix était en baisse de 12,8 % depuis son dernier sommet. Or, une baisse de 14 % est le seuil qui définit l'éclatement d'une bulle immobilière tel que défini par le Fonds monétaire international (FMI).


*Prix médian des maisons unifamiliales existantes dégonflé par l'IPC global.
Recherche économique FBN, NAR, BLS.

Malgré la correction déjà enregistrée des prix, le déséquilibre du marché résidentiel n'a fait que s'amplifier. Il faut s'attendre à d'autres baisses de prix. Ce n'est donc qu'une question de temps avant que la situation actuelle puisse être officiellement qualifiée de bulle immobilière qui a éclaté.

Or, l'expérience a montré que l'éclatement d'une bulle immobilière a deux fois plus d'impact sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises que l'éclatement d'une bulle boursière1. Les perspectives pour l'économie américaine sont donc en train de s'assombrir.

1. Voir l'article du numéro du 31 août 2007 de l'Hebdo économique de la Financière banque Nationale intitulé « Quand les bulles immobilières éclatent... ».


Le huard atteint la parité.
À quoi s'attendre au cours des prochains mois

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège

Le 24 septembre 2007 - Alors que d'autres devises cycliques écopaient suite à la crise du crédit, le dollar canadien atteignait la parité avec le dollar américain le 21 septembre, une première depuis 1976. Nous avons manqué la cible de deux jours avec notre prévision d'avril 2006 en estimant, à l'époque, que le huard atteindrait la parité à l'automne 2007 (cette année, l'automne débute officiellement le 23 septembre). Blague à part, le maintien durable de la parité nécessite que l'économie américaine, en voie selon nous de connaître un ralentissement sérieux, soit stabilisée.

Lors de la crise de crédit de l'été 1998, le huard avait évolué au diapason des dollars australien et néo-zélandais, qui chutèrent en moyenne de 8 % par rapport au dollar américain. Si ces deux dernières devises ont de nouveau écopé lors de la présente crise, il en est tout autrement du dollar canadien.

Il existe bien certaines similitudes avec la crise du crédit de 1998 (fonds spéculatifs, annulation de carry trade sur les devises, pénurie de liquidité sur le marché interbancaire et en eurodollars, dommages indirects dans le secteur financier), mais il y a aussi des différences importantes. D'une part, l'épicentre de la crise actuelle est situé aux États-Unis et non en Asie qui achète beaucoup de matières premières et où, hormis au Japon, la croissance n'a encore donné aucun signe de ralentissement. Ainsi, la tourmente des marchés financiers n'a pas empêché la banque centrale de Chine de relever ses taux d'intérêt le 15 septembre pour une deuxième fois en moins d'un mois, en réaction à une inflation supérieure aux prévisions et à l'essor de l'excédent du solde commercial.

D'autre part, le pétrole se négocie à 80$ le baril, et l'OPEP a peu de capacité de production en réserve. Souvenons-nous qu'en 1998, le pétrole était tombé à 15$. Enfin, les finances publiques du Canada sont en situation excédentaire et son économie intérieure est en bien meilleure forme. Les dépenses de consommation sont soutenues par des marchés du travail robustes et par l'absence de toute déflation des prix de l'immobilier résidentiel.

Certes, l'économie mondiale serait assurément affectée par un ralentissement sérieux aux États-Unis, avec un risque baissier pour le prix des matières premières, et par conséquent pour le dollar canadien.

Cela dit, nous pensons que les économies d'Asie ont atteint une masse qui leur permet de mieux résister à une période de croissance faible aux États-Unis, ce qui limite le potentiel de baisse des prix des matières premières. À notre avis, le point important pour l'économie canadienne est que le prix du pétrole ne chutera probablement pas assez pour compromettre la mise en valeur des sables bitumineux. Le risque baissier du dollar canadien est aussi limité par le fait que, selon notre scénario, les taux d'intérêt vont baisser plus aux États-Unis qu'au Canada.

Au contraire du Canada, la toile de fond demeure négative pour le dollar américain (déficit commercial, déficit budgétaire, détérioration des termes de l'échange). Cela milite toujours en faveur de la parité à moyen terme, qui devrait s'établir de façon durable lorsqu'il sera clair que les interventions monétaires de la Fed ont stabilisé l'économie américaine.


Budget fédéral : un budget plus « fédéraliste » qu'électoral

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège

19 mars 2007 - Faits saillants

  • Pour un onzième exercice de suite, l'équilibre budgétaire fédéral est maintenu au Canada.
  • Augmentation substantielle des transferts fédéraux aux provinces (+39 milliards $ au cours des sept prochaines années) avec l'adoption d'une nouvelle formule au chapitre de la péréquation et une bonification des transferts à la santé et à l'enseignement postsecondaire.
  • Création de l'écoFiducie au montant de 1,5 milliard $ à l'intention des provinces dans le but d'aider celles-ci à mettre en branle des projets d'investissements visant la réduction des polluants atmosphériques.
  • Le niveau des dépenses de programme devrait atteindre 199,6 milliards $ pour l'exercice 2007-2008, soit une hausse de 5,6 % par rapport à l'exercice précédent.
  • Grâce à un surplus « imprévu » de quelque 9,2 milliards $ l'an dernier, la dette aura continué de diminuer pour s'établir a 472,3 milliards $ à la fin du présent exercice financier, soit 32,8 % du PIB. L'objectif de ramener la dette fédérale à 25 % du PIB d'ici 2012-2013 est maintenu.
  • Les entreprises qui oeuvrent dans le domaine de la fabrication et de la transformation vont bénéficier d'un taux d'amortissement linéaire accéléré de 50 % pour les investissements en machinerie et équipement effectués avant 2009. Les taux de déduction pour amortissement passent respectivement de 4 % à 10 % sur les bâtiments relatifs au secteur manufacturier et de 45 % à 55 % sur les équipements informatiques.
  • L'exonération cumulative des gains en capital passe de 500 000 $ à 750 000 $ pour les agriculteurs, les pêcheurs et les propriétaires de petites entreprises.
  • L'âge limite pour convertir les REER et les régimes de pension agréés passe de 69 à 71 ans.
  • Hypothèse de croissance du PIB réel de 2,3 % en 2007 et 2,9 % en 2008.

Opinion

Reflet du changement de philosophie à Ottawa, une bonne partie de la marge du gouvernement fédéral a été orientée vers une bonification des transferts aux provinces (péréquation, santé, enseignement postsecondaire, etc.) avec une hausse prévue de 3,1 milliards $ en 2007-08 et de 4,0 milliards $ en 2008-09. De fait, environ les deux tiers des nouvelles dépenses sont destinés à un relèvement des transferts fédéraux et seulement le tiers dans des champs de juridiction du gouvernement central.

Ce deuxième budget Flaherty semblait donc destiné davantage à répondre aux doléances des provinces au niveau du sous-financement des programmes sociaux et à celles spécifiques du Québec au chapitre de la péréquation pour une meilleure redistribution de la richesse au pays. À cet égard, soulignons qu'avec les 920 millions $ additionnels injectés par ce budget Flaherty, le gouvernement du Québec recevra 2,3 milliards de plus d'Ottawa en 2007-08 portant le montant total des transferts fédéraux versés au Québec à 15,2 milliards $ (16,3 milliards $ en 2008-09).

En somme, le Québec recevra le tiers de l'enveloppe budgétaire additionnelle consacrée aux provinces en 2007-08 (environ 25 % en 2008-09). Outre le nouveau crédit de 2 000 $ pour enfant, mentionnons que ce budget contient peu de mesures pour les particuliers et à ce titre peut difficilement être qualifié de préélectoral.

Pour les entreprises manufacturières, la mesure la plus intéressante est sans doute celle leur permettant de déprécier sur deux ans leurs achats en machinerie et équipement effectués avant 2009. Un pas dans la bonne direction pour aider les entreprises canadiennes à devenir plus compétitives. En somme, le gouvernement Harper a clairement choisi cette année de réchauffer ses relations avec les provinces et de poursuivre son plan de réduction de la dette, une recette ne pouvant pas nuire si une élection devait être déclenchée sous peu.


Budget Québec : 23 février 2007

Consultez la publication sur le « Budget Québec : 23 février 2007 » en format PDF.


Perspectives économiques et financières – Été 2006

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Clément Gignac, économiste en chef à la Banque Nationale et premier vice-président et stratège à la Financière Banque Nationale, présente les « Perspectives économiques et financières – 2006 ».

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Consultez la publication sur les « Perspectives économiques et financières – Été 2006 » en format PDF.


Budget fédéral 2006

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège
et Paul-André Pinsonneault
Économiste principal Revenu fixe

Faits saillants

  • Pour un dixième exercice de suite, l'équilibre budgétaire fédéral est maintenu au Canada.
  • Marge de manoeuvre prévue de 17,8 milliards $ en 2006-2007 et de 19,4 milliards $ en 2007-2008.
  • Sur cette marge cumulée, 21 milliards $ sont consacrés à des allégements fiscaux et 8 milliards $ à de nouvelles dépenses.
  • Comme prévu, réduction de la TPS de 7 à 6 % (coût annuel estimé à 5,2 milliards $) le 1er juillet prochain et adoption de la nouvelle Prestation universelle de 1 200 $ par enfant de moins de six ans (coût : 2,5 milliards $). Parmi les autres mesures, les particuliers bénéficieront aussi de la réduction du taux d'imposition le plus bas et de l'augmentation du montant personnel de base.
  • Du côté des entreprises, la taxe fédérale sur le capital est abolie à compter de janvier 2006, soit deux ans plus tôt que prévu, et on annonce une réduction graduelle du taux d'imposition de 21 % à 19 %, de 2008 à 2010, ainsi que l'élimination en 2008 de la surtaxe des sociétés.
  • Le montant admissible au taux d'imposition de la petite entreprise passera de 300 000 $ à 400 000 $ à compter du 1er janvier 2007. En outre, le taux de la petite entreprise descendra de 12 % à 11,5 % en 2008, puis à 11 % en 2009.
  • Croissance annuelle moyenne attendue des dépenses de programmes de l'ordre de 4,7 % sur l'horizon de planification.
  • Devancement d'un an de la réduction du ratio dette/PIB à 25 %, maintenant prévue pour l'exercice 2013-2014.
  • Reflétant les priorités du gouvernement conservateur, certaines enveloppes budgétaires sont substantiellement augmentées : sur deux ans, 1,4 milliard $ pour la sécurité et la préparation aux urgences, 1,1 milliard $ pour les Forces armées, 3,3 milliards $ aux provinces pour répondre aux pressions urgentes, et 2 milliards $ pour l'agriculture.

Opinion

Reflet du changement de gouvernement, le contrôle des dépenses est resserré. Sur l'horizon de planification de deux ans, les dépenses de programmes croissent moins vite que le rythme annuel de 5,3 % prévu pour le PIB nominal. Il s'agit d'un contraste saisissant avec le gouvernement précédent. Rappelons qu'au cours des cinq dernières années, les dépenses de programmes avaient bondi en moyenne de 8,2 %. En particulier, des engagements représentant 7 milliards $ sur cinq ans annoncés dans la Mise à jour économique et financière de novembre 2005 ne seront pas mis en application.

L'encadrement des dépenses n'est pas motivé par l'absence de marge de manoeuvre; celle-ci totalise 37,2 milliards $ sur deux ans. Sur ce montant, 29,3 milliards $ ont été engagés dans de nouvelles initiatives. La nouveauté est dans la façon de répartir les excédents. En effet, sur 3 $ engagés, plus de 2 $ représentent des réductions d'impôts et de taxes, le reste seulement est consacré à de nouvelles dépenses. Bref, les revenus comme les dépenses diminuent en proportion du PIB, ce qui équivaut à un certain retrait du gouvernement de l'économie.

Les hypothèses économiques sur lesquelles sont basées les prévisions budgétaires (croissance du PIB réel de 3,0 % en 2006 et de 2,7 % en 2007) nous semblent raisonnables.

En outre, le souci de transparence se reflète dans la présentation des états financiers : les réserves pour éventualités et de prudence économique sont abolies. À la place, il est entendu que tout excédent jusqu'à concurrence 3 milliards $ sera consacré à la réduction de la dette. Au-delà de ce montant, le gouvernement propose d'affecter une partie des excédents imprévus au Régime de pensions du Canada (RPC) et au Régime de rentes du Québec (RRQ).

Enfin, autre changement de mentalité : le gouvernement reconnaît l'existence d'un déséquilibre fiscal et prend certains engagements en vue d'y remédier. Par exemple, si l'excédent de l'année financière qui vient de se terminer le permet, le gouvernement versera 3,3 milliards $ pour l'enseignement postsecondaire, le transport en commun, le logement abordable et le logement des Autochtones. Ces montants seront à la disposition des provinces vers septembre 2006. Autre différence de pratique avec le gouvernement précédent, les provinces pourront utiliser ces sommes à leur guise.

Nous attribuons la note A — à ce premier budget conservateur. Pourquoi un — plutôt qu'un + ? Il faudra connaître la réaction de la Banque du Canada à ce budget très expansionniste, arrivant au moment où la Banque estime que l'économie canadienne fonctionne à pleine capacité. Ce budget pourrait encourager la Banque à continuer sa politique de hausse des taux d'intérêt.. Outre que le gouvernement aurait alors gaspillé des cartouches, cela pousserait le huard à s'apprécier davantage, aggravant la situation de certains secteurs exportateurs.


Premier communiqué du FOMC de l'ère Bernanke : plus de mots, mais le même penchant.

par Paul-André Pinsonneault
Économiste principal Revenu fixe

Le 28 mars 2006 - Comme on s'y attendait, la Réserve fédérale a haussé les taux d'intérêt d'un quart de point une quinzième fois de suite cet après-midi, poussant le taux cible des fonds fédéraux à 4,75%. Le corps du communiqué de presse est plus long cette fois-ci, avec environ 180 mots contre 119 en janvier, mais le dernier paragraphe est resté inchangé, ce qui laisse penser que la Fed conserve son penchant pour la hausse des taux. Voici le communiqué :

  • « The Federal Open Market Committee decided today to raise its target for the federal fnds rate by 25 basis points to 4¾ percent. The slowing of the growth of real GDP in the fourth quarter of 2005 seems largely to have reflected temporary or special factors. Economic growth has rebounded strongly in the current quarter but appears likely to moderate to a more sustainable pace. As yet, the run-up in the prices of energy and other commodities appears to have had only a modest effect on tore inflation, ongoing productivity gains have helped to hold the growth of unit labor costs in check, and inflation expectations remain contained. Stili, possible increases in resource utilization, in combination with the elevated prices of energy and other commodities, have the potential to add to inflation pressures. The Committee judges that some further policy firming may be needed to keep the risks to the attainment of both sustainable economic growth and price stability roughly in balance. In any event, the Committee will respond to changes in economic prospects as needed to foster these objectives. »

Opinion : Plus de mots, plus de transparence. Un changement de style ?

Il est trop tôt pour dire si le communiqué plus long publié aujourd'hui dénote un changement de style imprimé par le nouveau président de la Fed. Mais de toute façon, il nous éclaire plus sur l'opinion de la Fed au sujet de l'économie et de ses prévisions d'inflation que ce à quoi ont nous avait habitués. Selon la Fed, l'économie pourrait ralentir à un rythme plus durable alors que les prévisions d'inflation restent contenues. Cela ne ressemble pas à une situation qui nécessiterait de nouveaux tours de vis. Néanmoins, la Fed a maintenu son penchant, conservant toutes ses options ouvertes.

Conclusion : La Fed a débloqué le pilote automatique. Ses interventions futures seront guidées par les données économiques et son évaluation de ce qui fait que les taux longs restent si près des fonds fédéraux. Dans son allocution devant le Economic Club de New York le 20 mars, le président Bernanke avait suggéré que, jusque-là, les implications de la courbe des taux américains pour la politique monétaire étaient encore ambiguës. Présentement, les chances sont plutôt en faveur d'une nouvelle hausse de taux à la réunion du 10 mai. De toute évidence, il coulera beaucoup d'eau sous les ponts d'ici cette date-là. Nous devrons notamment voir si l'accès de faiblesse de l'immobilier résidentiel se répercute ou non sur le reste de l'économie.


Immobilier américain : le zénith est derrière nous

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Clément Gignac, économiste en chef à la Banque Nationale et premier vice-président et stratège à la Financière Banque Nationale, présente :


Perspectives économiques et financières – 2006

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Clément Gignac, économiste en chef à la Banque Nationale et premier vice-président et stratège à la Financière Banque Nationale, présente les « Perspectives économiques et financières – 2006 ».

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Perspectives économiques et financières
– Été 2005

Clément Gignac, économiste en chef à la Banque Nationale et ses filiales, Premier vice-président et stratège à la Financière Banque Nationale, présente les « Perspectives économiques et financières – Été 2005 ».

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Que nous réserve le prix du pétrole au cours des prochains mois ?

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Il y a quelques semaines seulement, le prix du baril de pétrole a atteint un sommet historique de 56 $. Depuis, il a reculé sous la barre des 50 $. Malgré tout, il demeure nettement supérieur à sa moyenne de 2003, soit 31 $. Nous croyons donc qu'un recul supplémentaire de 10 $ le baril au cours des prochains mois est concevable. Voici pourquoi.

Décélération de l'économie mondiale
L'économie mondiale a connu une croissance de 5% en 2004. Il s'agit de la meilleure performance depuis 1976. Comme l'indique le graphique ci-dessous, cette croissance a stimulé la demande mondiale de pétrole, ce qui a poussé le prix à la hausse. Étant donné que l'économie mondiale devrait connaître une certaine décélération cette année pour retourner vers sa croissance tendancielle l'an prochain, soit quelque 3,5%, il y a fort à parier que cela devrait entraîner des pressions baissières sur le prix du pétrole.

Renversement de position des joueurs non traditionnels
Malgré l'amélioration des fondamentaux, les joueurs non traditionnels comme les fonds spéculatifs ont sans contredit amplifié la hausse du prix du pétrole bien au-delà de ceux-ci. Cependant, cette situation semble sur le point de se renverser. En effet, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, les positions nettes (positions longues moins positions courtes) sur le pétrole brut se situent maintenant en territoire négatif, une première depuis décembre 2004. Cela suggère des pressions baissières sur le prix du pétrole.

En résumé, nous pensons que le prix du baril de pétrole restera sous pression au cours des prochains mois et qu'il se situera à 38$-40$ à la fin de 2005.



Chine : plus tributaire des États-unis qu'on pourrait le penser

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce en janvier 2001, la Chine ne cesse d'augmenter sa part du marché des biens manufacturés. En effet, ce pays représente désormais plus du quart de la production industrielle mondiale. Il n'est donc pas surprenant que les exportations chinoises aient littéralement explosé durant cette période, passant d'une moyenne mensuelle de 22 milliards de dollars en 2001 à plus de 50 milliards en 2004. Et elles ne cessent de croître, dépassant même les 60 milliards de dollars en ce début de 2005. La part des exportations dans le PIB chinois est passée de 23% en 2001 à plus de 36% en 2004. Compte tenu de l'importance de l'excédent commercial, il est évident que le commerce extérieur est l'un des principaux facteurs à l'origine de la vigueur de la croissance de l'économie chinoise en ce moment (plus de 9% en 2004). Étant donné que la Chine compte pour 14% du PIB mondial, un ralentissement de ses exportations aurait un impact majeur sur la croissance de celui-ci.

La Réserve fédérale procède actuellement à un resserrement monétaire et nous pensons que, tôt ou tard, les hausses de taux vont freiner les dépenses de consommation des Américains, ce qui se traduira par une diminution de la demande de biens importés en provenance de Chine. Cependant, tous les observateurs ne sont pas de cet avis. En effet, certains économistes aiment souligner la très forte intégration de la Chine avec le reste de l'Asie afin de minimiser l'importance d'un éventuel ralentissement de l'activité aux États-Unis et en Europe. S'il est vrai que l'Asie a absorbé presque la moitié des exportations chinoises en 2004, il ne faut pas oublier que le tiers de ces échanges étaient effectués avec Hong Kong, le deuxième partenaire commercial de la Chine, après les États-Unis. De toute évidence, Hong Kong représente simplement une escale pour les biens chinois qui sont ensuite réexportés vers d'autres marchés sans avoir été transformés. Les réexportations à partir de Hong Kong de biens en provenance de Chine totalisaient 150 milliards depuis les 12 derniers mois. Et quelles étaient leurs destinations principales ? Les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

En conclusion, la demande occidentale reste le principal moteur de la croissance des exportations chinoises. Or, étant donné que la croissance économique des pays de la zone euro et du Japon est relativement faible, nous pensons que le ralentissement des dépenses de consommation des ménages américains aura un impact plus important que prévu sur l'économie chinoise.



Un budget de compromis

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Faits saillants

  • Maintien d’un budget équilibré pour les six prochains exercices.
  • Prévision de croissance économique de 2,9% en 2005 et de 3,1% en 2006.
  • Maintien de l’objectif de réduction du ratio dette/PIB à 25% d’ici 10 ans (38,8% en 2004-05).
  • Avant le dépôt du budget, surplus de près de 10 milliards $ pour 2004-05, dont 3,6 milliards $ affectés aux soins de santé, 3,3 milliards $ à d’autres mesures et 3,0 milliards $ au remboursement de la dette.
  • Sur les cinq prochaines années, croissance moyenne des dépenses de 4,2%.
  • Économies de 11 milliards $ sur 5 ans découlant de gains d’efficience.
  • Hausse graduelle de la déduction personnelle de base, qui atteindra 10 000 $ en 2009.
  • Plafond des cotisations REER haussé de 1 000 $ par année pour atteindre 22 000 $ en 2009.
  • Élimination de la limite de 30% sur le contenu étranger dans les REER et les fonds de pension.
  • Majoration à 100 000 $ du montant des dépôts assuré par l’assurance-dépôts.
  • À compter de 2008, abaissement graduel du taux d’imposition des sociétés et élimination de la surtaxe des sociétés.
  • En 2006, taux des cotisations à l’assurance-emploi correspondant aux coûts prévus du régime.
  • À compter de 2006,hausse du Supplément de revenu garanti pour les aînés (2,7 milliards $ sur 5 ans).
  • Transferts aux villes et collectivités de 5 milliards $ sur 5 ans (600 millions $ en 2005-06).
  • Nouveaux crédits de 7 milliards $ pour la Défense sur 5 ans.
  • Engagement de 5 milliards $ pour une « initiative d’apprentissage et de garde des jeunes enfants ».
  • Hausse de 3,4 milliards $ sur 5 ans de l’aide internationale.
  • Fonds nouveaux de plus de 3 milliards $ pour l’environnement et le changement climatique.

Opinion

Ce budget 2005 du ministre Goodale est assez conforme à la dernière plate-forme électorale du parti libéral et, à ce titre, ne comporte que fort peu de baisses d’impôt. Qui plus est, on peut aussi y déceler quelques mesures faisant partie des listes d’épicerie de certains partis de l’opposition pour s’assurer d’obtenir leur vote de confiance. Reflet d’un gouvernement fédéral disposant d’une importante marge de manoeuvre financière, ses dépenses de programmes enregistreront un bond de 11,8% pour l’année en cours. Cette hausse est attribuable en bonne partie à l’imputation dès cette année de dépenses atteignant près de 7 milliards $, montants à être versés avant le 31 mars dans des fonds en fiducie. Du même coup, le surplus potentiel de 10 milliards $ qui aurait été enregistré cette année sera ramené à 3 milliards $, soit l’équivalent du montant de la réserve pour éventualités. Notons néanmoins que sans ces affectations de dernière minute, le taux de croissance des dépenses de programmes (excluant le service de la dette) aurait tout de même atteint près de 7%, soit largement au-delà du rythme de croissance du PIB nominal (+6,1%).

Bien qu’on ne retrouve que peu de mesures destinées à réduire le fardeau fiscal des individus, l’augmentation du plafond de la contribution aux REER et l’élimination de la limite de 30% pour le contenu étranger devraient être bien accueillies par les investisseurs. Même si certains pourraient craindre un impact négatif sur le dollar canadien de l’élimination de la limite de 30%, l’effet devrait être limité, du moins à court terme. En effet, les investisseurs institutionnels avaient déjà la possibilité d’excéder cette limite via l’usage des produits dérivés. Même si a priori l’impact pourrait être plus grand (toute proportion gardée) du coté des particuliers, il serait surprenant que ceux-ci utilisent de façon agressive cette marge de manoeuvre supplémentaire puisqu’ils étaient déjà bien en deçà de l’ancienne limite permise.

Cependant, à moyen terme, les caisses de retraite pourraient revoir leurs politiques de placement. Cet exercice aura vraisemblablement un impact important sur les flux de capitaux au sein des marchés financier canadiens. Le ministre vient donc d’ouvrir la porte à une gestion sans contrainte régionale de la gestion des portefeuilles. Dans ce contexte, même les grandes capitalisations canadiennes dans les secteurs financiers et des ressources devront faire face à une compétition accrue pour l’épargne domestique.

Du côté des entreprises, l’élimination de la surtaxe et la réduction du taux d’impôt général de 21% à 19% pour préserver la compétitivité fiscale sont des gestes positifs mais leur mise en application tardive (vers 2008) seront mal accueillies. Quant aux mesures destinées à améliorer la productivité canadienne, il faudra attendre à un prochain budget.

En terminant, l’élément le plus favorable que nous retrouvons dans ce budget a trait à l’engagement du ministre des finances de réduire le ratio d’endettement pour atteindre 25% dans 10 ans (réduction de 68,4% à 38,8% depuis 10 ans). En utilisant des hypothèses économiques conservatrices (autour de 3% sur 4 ans) et en maintenant sa réserve pour éventualités de 3 milliards $ par année (en sus des provisions pour prudence économique), le ministre est pratiquement assuré de rester en surplus budgétaire pour encore plusieurs années, un élément devant permettre de maintenir des taux d’intérêt à long terme très faibles au Canada.

En 7 ans, la marge de manoeuvre canalisée dans des dépenses de programmes directs.



Perspectives économiques et financières

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Économie

Depuis que le baril de WTI a franchi la barre des US$50, la plupart des observateurs ont révisé à la baisse leur prévision d'expansion mondiale. Le FMI prévoit que la croissance de 5,0% en 2004 - la plus forte en 30 ans - sera suivie d'une hausse de 4,3% en 2005. Tous les éléments sont en place pour une décélération, mais sa vigueur dépendra beaucoup de la politique monétaire du G7 et de l'évolution économique de la Chine.

Aux États-Unis, la montée en flèche de la facture énergétique sera compensée par un effet de richesse dû à l'augmentation des prix des maisons et aux refinancements hypothécaires depuis 2001. La dépréciation du billet vert, sur fond de stocks faibles et de rebondissement des dépenses d'investissement, pourrait permettre une croissance de 3,3% en 2005 (4,3% en 2004).

Le marché du travail canadien continue de surprendre avec une hausse de 230,000 emplois à plein temps depuis le début de l'année. Même si les usines ont comprimé leurs effectifs, l'explosion de la construction domiciliaire et du commerce de détail s'est conjuguée à d'autres secteurs de service pour pousser le ratio emplois/population à un niveau record. Les chiffres du commerce extérieur qui reflètent une économie mondiale robuste continuent d'impressionner malgré l'ascension du huard. À supposer que le budget du gouvernement minoritaire soit beaucoup plus souple le printemps prochain, l'économie canadienne accélérera probablement au cours des prochains trimestres pour gagner 3,3% en 2005, comparativement à environ 3,0% en 2004.

Taux d'intérêt

Le prix du pétrole déterminera probablement le cours de la politique monétaire du G7 au cours des prochains mois. Les banques centrales, persuadées depuis les années 1970 qu'un choc pétrolier doit plus être considéré comme une taxe sur la consommation que comme une menace inflationniste, agiront probablement de manière très décidée dans la réduction des mesures monétaires de relance. D'autre part, une baisse en 2005 des prix du pétrole qui se rapprocheraient de notre scénario de base (WTI à US$35-37) motiverait une hausse plus forte que prévue du loyer de l'argent. Notre objectif pour la fin 2005 pour les taux à court terme est de 3,50% des deux côtés de la frontière. Pour les obligations du Trésor de 10 ans américaines, des événements récents nous ont portés à réduire à la baisse notre objectif à 12 mois de 5,30% à 5,00%. L'écart actuel d'un demi-point en faveur du Canada devrait se dissiper graduellement pour céder la place à la parité, avec l'appréciation du huard.

Nous continuons de croire que le dérapage du dollar américain est loin d'être terminé puisque aucun indice de renversement du déficit du compte courant ne se manifeste encore. Le huard a gagné près de 10% depuis l'élection en juin d'un gouvernement minoritaire, soit la meilleure performance de toutes les grandes devises par rapport au dollar US. Notre objectif à 12 mois reste inchangé à 85 cents US (1,18 CAD/USD).

Marché boursier et répartition de l'actif

Le rendement de 6,4% de l'indice S&P/TSX depuis le début de l'année éclipse celui des grands indices américains. Nous pensons que les actions canadiennes continueront de dépasser les américaines. Chacun des 10 secteurs du S&P/TSX devrait surclasser son équivalent américain en termes de croissance du bénéfice. La fiabilité de ce consensus est accrue par des révisions pratiquement continuellement à la hausse depuis 12 mois. En outre, la croissance plus forte prévue n'a pas encore été entièrement intégrée dans les prix des actions. Le marché canadien et la plupart de ses secteurs se négocient à des ratios C/B prévisionnels semblables ou inférieurs à ceux de leurs équivalents américains. Nous continuons de penser que les actions sont la meilleure catégorie d'actifs et que les sociétés canadiennes dépasseront les américaines. D'où notre recommandation de très faible pondération d'actions américaines (7,5%) et notre surpondération d'actions canadiennes (30%). Notre objectif à 12 mois reste inchangé à 9500 pour le S&P/TSX sur la base de bénéfices de 600.



Les cours du pétrole : pas encore assez prononcés pour vraiment troubler l'économie américaine

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Des données tout juste publiées par le Bureau of Economic Analysis indiquent que la part du revenu disponible des ménages américains consacrée à l'essence a atteint au deuxième trimestre son sommet en 15 ans, en franchissant le cap des 2,7 %. Il ne fait aucun doute que les cours élevés du pétrole ont un effet de ralentissement sur l'économie (le FMI considère même d'office que chaque hausse permanente de 10 $ du baril de brut entraîne l'année d'après une baisse d'environ 0,8 point de la croissance économique américaine). Cependant, pour l'heure, la situation n'a pas atteint un stade suffisant grave pour mettre l'économie américaine sans dessus dessous. D'abord, la facture énergétique totale des consommateurs américains — qui comprend aussi bien le pétrole que l'électricité et le gaz naturel — reste relativement peu élevée lorsqu'on la compare aux valeurs historiques et, à vrai dire, elle n'est même pas plus élevée qu'en 2000. Ensuite, les cours actuels du pétrole restent encore bien en deçà des niveaux qui avaient sévi dans des épisodes antérieurs de perturbation de l'offre, une fois qu'on tient compte de l'inflation. Enfin, et surtout, la politique monétaire reste largement pro-croissance — ce qui se démarque des chocs pétroliers antérieurs, où l'inflation de base galopante avait forcé les autorités monétaires à se montrer plus restrictives. Or, compte tenu d'un taux d'inflation de base des prix à la consommation qui, en juin, se situait toujours à un modeste 1,5 % sur 12 mois, la Réserve fédérale a encore suffisamment de marge de manoeuvre pour avancer encore avec circonspection avant de retirer tout stimulus.

Le fait que les autorités monétaires puissent ainsi encaisser sans trop de mal la hausse des prix du pétrole en relevant avec modération leurs taux d'intérêt est une bonne nouvelle pour l'économie mondiale, parce que la demande élevée de pétrole va sûrement maintenir les prix élevés dans un avenir prévisible. En juillet, l'OPEP a eu beau avoir annoncé qu'elle ne voulait pas voir les cours du pétrole grimper davantage, et que ses membres avaient l'intention d'investir pour étendre leur capacité de l'ordre de 2,5 à 3 millions de barils par jour. Comme on peut le voir, cet engagement de la part du cartel s'est produit au moment même où son excédent de capacité s'était déjà résorbé, si l'on en croit l'Agence internationale de l'énergie. Et vu que la nouvelle production annoncée ne devrait pas atteindre les marchés avant la fin de l'année prochaine, il est peu probable que cette annonce de l'OPEP ait des effets immédiats sur les prix du pétrole - à plus forte raison dans le contexte actuel d'une demande mondiale élevée, conjuguée à des tensions géopolitiques et à l'incertitude engendrée par le différend opposant actuellement le gouvernement russe à Yukos, le plus grand exportateur de pétrole du pays.



Perspective du dollar US

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

À l'aube d'une hausse des taux de la part de la FED, le billet vert a connu, en mai, sa plus forte poussée mensuelle en près de quatre ans. Certains ont avancé qu'il s'appréciera encore tant que la Fed majorera les taux. Toutefois, un durcissement monétaire ne se traduit pas toujours par une appréciation de la devise.

En effet, en 1993, le dollar US avait gagné 7% sur le mark et 5% sur le yen en prévision d'un resserrement. Mais, dès les premières hausses de la Fed en février 1994, il avait amorcé une glissade. Au début de 1995, malgré une majoration de 300 points de base du taux cible des fonds fédéraux, le dollar avait cédé 15% à la monnaie allemande et 12% à la devise nipponne. La dépréciation du billet vert avait été source de frustration pour la Fed dans le courant de 1994 et poussé les autorités américaines à faire de nombreuses interventions sur les marchés des changes.

L'état des finances publiques américaines, avec leur double déficit, n'est pas le seul phénomène à brouiller notre vision du billet vert : il y a aussi le fait que les banques centrales étrangères ont accumulé, ces derniers mois, des actifs en dollars US bien au-delà de ce que justifient les volumes des échanges commerciaux. Fin 2002 (dernières statistiques sur le sujet) environ la moitié des avoirs privés transfrontaliers et 64,5% des réserves de change des banques centrales étaient en dollars américains, l'euro venant en second plan pour les réserves, avec 18,7%.

La part du billet vert dans les réserves a sûrement encore beaucoup monté puisque les banques centrales ont acquis un record d'actifs américains en 2003. Aussi pensons-nous qu'un rééquilibrage des avoirs maintiendra la devise américaine sous pression pendant l'année à venir.



La Chine, une force avec laquelle il faut compter

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

Les prix des métaux grimpent en flèche. L'indice CRB des métaux a fait un bond formidable de 38,1 % depuis 12 mois, enregistrant la plus forte hausse en 12 ans (décembre 1987). Les signes d'une remontée économique cyclique mondiale prochaine exercent des pressions à la hausse sur les prix des marchandises. Cependant, les investisseurs doivent aussi tenir compte des pressions sur les prix provenant des importants changements structurels en Chine. Comme le graphique de cette semaine l'illustre, la part de la population urbaine en Chine est passée de 25 à 40 % en 15 ans seulement. Par comparaison, il a fallu aux États-Unis 30 ans pour atteindre ce niveau de développement entre 1870 et 1900. Comme on le voit ici, il reste un potentiel considérable d'accélération du taux d'urbanisation en Chine - qui n'est actuellement pas plus élevé que celui des États-Unis en 1900. Plus de 20 millions de personnes se précipitent vers les villes chinoises chaque année. Les besoins de nouvelles infrastructures en Chine continueront de soutenir le prix des métaux au cours des prochaines années.

Cependant, l'impact de l'essor économique chinois ne sera pas limité aux seules matières premières. Certains secteurs bénéficieront du changement, d'autres perdront des parts de marché. Les sociétés de transport maritime sont du côté des gagnants. Les données publiées plus tôt ce mois-ci ont indiqué une augmentation du déficit commercial américain qui atteint 152 milliards de dollars en septembre (base annualisée). La dépendance croissante des États-Unis à l'égard des importations chinoises est une aubaine pour le secteur du transport océanique. Selon le Bureau of Labor Statistics, l'indice des prix des navires océaniques entrants a grimpé à un niveau record au troisième trimestre. Cet indice traduit les changements de tarifs payés pour le transport de fret de pays étrangers vers les États-Unis par bateaux transocéaniques, quelle que soit la nationalité de l'expéditeur ou de l'armateur. L'essentiel des augmentations au troisième trimestre a encore été stimulé par une forte hausse de la demande sur des routes du Pacifique. Résultat : les prix du transport entrant de la côte ouest des États-Unis ont flambé de 35 % depuis un an.

Conclusion : Il est encore trop tôt pour définir comment l'essor chinois influera sur nos industries. Les ramifications de l'impact sont encore inconnues. Cependant, nous sommes à l'aise avec notre répartition des actifs actuelle qui surpondère les pays d'Europe, d'Asie et d'Extrême-Orient dans notre compartiment de placements à l'étranger autorisés de 30 %. Notre répartition d'actifs recommandée actuelle est la suivante : 30 % d'actions canadiennes, 25 d'obligations, 17,5 % d'actions EAEO, 12,5 d'actions américaines et 15 % de liquidités.

  • Source : Sylvain Marleau & Fidelity Investment



L’union monétaire nord-américaine ?

De 1974 à aujourd’hui, le dollar canadien est passé de 1,04$ à près de 0,65$ US. Ce déclin fait entrevoir à plusieurs canadiens, la pertinence d’adopter le dollar américain comme monnaie officielle du Canada.

Monsieur Richard G. Harris, professeur d’économie à l’Université Simon Fraser (Colombie Britannique), est en accord avec l’union monétaire nord-américaine. Je vous présente ici les arguments qu’il soulève en faveur de cette orientation.

Dans un premier temps, il soutient que la participation à une union monétaire nord-américaine s’intègre logiquement aux tendances croissantes d’intégration économique continentale et mondiale.

La réticence du Canada à adhérer à cette union est souvent due à la crainte de renoncer à son indépendance monétaire, alors que l’on sait très bien que l’indépendance monétaire est très illusoire puisque les marchés internationaux dictent les taux d’intérêt et que l’intégration économique nord-américaine entraîne une harmonisation de l’inflation et des cycles commerciaux au Canada et aux États-Unis.

Si l’on considère que, depuis la signature de l’Accord de libre-échange, les exportations du Canada sont passées de 25% à plus de 40% du PIB et que 80% de ces exportations sont destinées aux États-Unis, il est clair que le commerce nord-sud dépasse le commerce sud-ouest.

La volatilité du dollar canadien représente un problème majeur pour l’économie. La fluctuation du taux de change donne lieu à des structures de coûts imprévisibles pour les entreprises canadiennes; comme elles fonctionnent de plus en plus en dollars américains, elles absorbent pratiquement tout le risque lié au taux de change. Qu’on le veuille ou non, il faut être conscient que la devise américaine est en passe de devenir la devise commerciale d’un large pan de l’économie. Le secteur privé utilise de plus en plus le dollar US, la plupart des dépôts bancaires au Canada sont déjà libellés en argent américain et une part croissante de la comptabilité du secteur privé est exprimée en dollar US.

L’union monétaire nécessiterait-elle aussi une harmonisation des politiques dans d’autres secteurs d’activités ? Selon M. Harris, la réponse est davantage reliée aux orientations politiques car, dans plusieurs secteurs, les décisions sont indépendantes du taux de change. Il faut se rappeler que c’est à l’époque où les taux de change étaient fixes que le Canada s’est forgé sa propre identité socio-économique (assurance-maladie, assurance-hospitalisation, péréquation, régimes de pension).

Selon l’auteur, l’union monétaire nord-américaine augmentera les chances de croissance économique soutenue au Canada tout en laissant une certaine latitude pour les innovations sociales.

Richard G. Harris apporte plusieurs autres arguments en faveur de l’adoption du dollar américain, je vous invite à visiter le site www.isuma.net/v01n01/harris/harris_f.shtml pour plus de renseignements.



Se peut-il que le nombre important de baby-boomers ait des répercussions sur le prix de vente de votre maison au cours des prochaines années ?

À première vue cela peut paraître improbable, mais plusieurs observateurs prédisent une chute des prix des résidences due au trop grand nombre de baby-boomers voulant vendre en même temps.

Le démographe David Foot et plusieurs autres chercheurs appuient cette hypothèse, affirmant qu’au regard de cette situation, le nombre potentiel d’acheteurs ne peut que diminuer ce qui entraînera inévitablement une chute des prix.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement a publié une étude réfutant ces allégations. Les auteurs de l’étude expliquent l’évolution du prix réel des logements au Canada, au cours de 40 dernières années, et ils constatent qu’il y a eu deux périodes de hausses importantes (1973-1975 et 1985-1989) et deux périodes de fortes diminutions (1980-1982 et 1990-1992). Leurs prédictions s’appuient aussi sur une étude qui prédisait que, durant les années 1990 à 2010, le prix réel des logements diminuerait de 47% (aux USA), en raison du vieillissement de la population, ce qui ne s’est pas encore produit. Ils affirment aussi que l’incidence démographique est compensée par une hausse du revenu réel et que les fluctuations des revenus réels et les taux d’intérêt ont davantage de répercussions sur la valeur des maisons que les changements démographiques.

Selon leur conclusion, le prix des logements ne diminuera pas au Canada au cours des prochaines années. L’affirmation selon laquelle les prix vont baisser devient concevable uniquement dans les provinces où la population diminuera considérablement dans les principaux groupes d’âge, au cours des 20 prochaines années, notamment dans les provinces de l’Atlantique et en Saskatchewan. Dans toutes les autres provinces, on prévoit un prix supérieur au prix actuel, particulièrement dans les provinces de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique qui connaîtront une forte croissance démographique.

  • Source : « Le point en recherche », série socio-économique, numéro 62 publié par la Société canadienne d’hypothèque et de logement. Vous pouvez consulter cet article à l’adresse Internet suivante : www.schl.ca.



Pourquoi la chute du Huard accélère-t-elle ?

Une tendance à la baisse qui s’accentue ?

Les déboires du dollar canadien n’ont rien de nouveau. Comme le hockey, ils font partie du patrimoine collectif du Canada. Depuis 1960, le huard a perdu 40% de la valeur par rapport au dollar US, dans ce qui représente une retraite spectaculaire. Le plus curieux, c’est que la tendance à la baisse semble avoir accéléré au cours de la dernière décennie. Pourquoi ?

Le Huard a perdu 21,3% de sa valeur par rapport au billet vert entre 1990 et 1999 et a dégringolé de 8,9% de plus depuis. Comme l’excédent de la balance commerciale du Canada avec les États-Unis s’est amélioré sur la même période, le dérapage semble surprenant. Mais nous pensons que les fluctuations de la monnaie tiennent à bien plus qu’aux échanges commerciaux. L’année dernière est un très bon exemple – même un excédent commercial extrêmement positif de 100 milliards de dollars avec les États-Unis n’a pas empêché le huard de reculer de 6%.

L’air du temps

Il faut donc chercher la cause plus loin. Un des phénomènes qui n’a pas changé ces dernières années est le rôle des flux de portefeuille. Aujourd’hui, ils représentent 50% de tous les flux de capitaux entre le Canada et les États-Unis. Ces flux sont devenus un déterminant essentiel de la monnaie canadienne.

Les flux de portefeuille se composent d’achats par des ressortissants américains de valeurs mobilières canadiennes – essentiellement des actions et des obligations – et d’achats par des Canadiens de valeurs américaines. Le huard n’a aucun appui du côté des actions. Les Américains ne raffolent pas des actions canadiennes. L’an dernier, ils ont acheté pour 4 milliards d’actions canadiennes alors que les Canadiens, eux, ont acheté pour 19 milliards d’actions américaines, soit une sortie nette de 15 milliards de dollars.

David contre Goliath

L’année était représentative de l’époque. Bon an mal an, les Canadiens apprécient beaucoup plus les actions américaines que les Américains n’apprécient les canadiennes. Le déterminant clé, ici, n’est pas la performance relative mais la taille du marché – le marché américain est 22 fois plus grand que le canadien. Qui plus est, 50% de la capitalisation boursière du Canada sont concentrés sur 20 titres à peine, ce qui lui donne une base très étroite. Pour empirer encore les choses, beaucoup de ces 20 titres sont aussi inscrits à une cote américaine – les Américains peuvent les acheter et les vendre chez eux. Le Canada a donc beaucoup de mal à rivaliser avec les États-Unis pour attirer les investissements en actions.

Et les marché obligataire, alors ? Statistique Canada a déclaré un bond formidable de 33,6 milliards de rentrées obligatoires nettes en 2001.

À première vue, cela semble bizarre. Avec des rentrées nettes de 18,6 milliards de dollars en 2001, pourquoi le huard a-t-il chuté de plus de 6% sur toute l’année ?

Le puzzle nous a ramenés aux données, et ce que nous avons constaté est étonnant. Il en ressort que les flux obligatoires sont principalement attribuables aux achats par les États-Unis de nouvelles émissions canadiennes. Mais très peu de ces achats (4 milliards seulement) portaient sur des obligations en dollars canadiens. La plupart des nouvelles émissions canadiennes achetées par les Américains étaient établies en USD – un record de 56 milliards de dollars en 2001.

Les Américains achètent depuis des années au moins deux fois plus d’obligations canadiennes en USD qu’en CAD, et la part des USD a continué d’augmenter. Le marché des émissions canadiennes en USD grandit plus vite.

Un cercle vicieux

Les obligations en dollars américains ne représentent que 7% du marché obligataire fédéral, mais 34% du marché des obligations provinciales et 50% du marché des obligations de sociétés canadiennes. Les entreprises canadiennes se tournent de plus en plus vers les États-Unis pour trouver des capitaux d’emprunt. Cela s’explique par le fait que le marché américain est beaucoup plus grand et plus liquide, ce qui facilite le financement par emprunt. Résultat : le marché canadien rétrécit, ce qui incite encore moins les entreprises canadiennes à émettre des titres d’emprunt dans leur propre monnaie.

Les malheurs du huard

Il faut des flux de portefeuille positifs pour soutenir le décollage du dollar canadien. Le huard ne peut pas compter sur les actions. Les investissements en actions outre-frontière doivent être contrebalancés par des rentrées sur le marché obligataire. Mais les investisseurs américains qui achètent des obligations de sociétés canadiennes n’ont d’yeux que pour celles établies en USD. Il ne reste donc guère que les obligations du gouvernement du Canada comme solution de rechange. Mais ces titres ne sont pas assez intéressants pour compenser complètement les sorties sous forme d’actions et d’obligations de sociétés.

Un regard sur l’avenir révèle que le potentiel de remontrée est limité. Le rendement supérieur des obligations d’État canadiennes aidera le huard à rattraper un peu du terrain perdu, mais pas beaucoup.



Votre charge fiscale serait-elle moins lourde aux États-Unis ?

On entend de plus en plus parler de canadiens qui déménagent aux États-Unis parce qu’ils paient moins d’impôts… et l’on doit admettre qu’ils n’ont pas tort.

Prenons l’exemple d’un couple avec enfants dont l’épouse ne travaille pas à l’extérieur. Si on suppose que ce couple a un revenu annuel de 75 000$CA, une maison de 175 000$CA et une hypothèque de 100 000$, il paie des impôts annuels (fédéral, provincial et charges sociales) de 26 500$CA.

Supposons maintenant que ce couple vend la maison et déménage à Boston. S’il reçoit un revenu identique soit 50 000$US, qu’il achète une maison de 275 000$US (donc une hypothèque de 225 000$ puisqu’il aura versé en acompte, le revenu net de la vente de sa maison au Canada soit 75 000 $CA ou 50 000$US), les impôts qu’il aura à débourser seront d’environ 8 500$US ou 12 900$CA : une différence de 14 000$CA par année.

  Canada États-Unis
$CA $US
Revenu annuel 75 000$ 50 000$ 
Valeur de la maison 175 000$ 275 000$
Montant total de l’hypothèque 100 000$ 225 000$
Impôts annuels 26 500$ 12 900$

Toutefois, si on considère que le montant des paiements hypothécaires sera plus élevé d’environ 1 000$CA par mois, le niveau de vie est donc similaire (moins d’impôt aux États-Unis mais des paiements hypothécaires plus élevés). Par contre, dans 20 ans, lorsque la maison sera payée, ce couple possèdera une valeur immobilière plus grande d’environ 265 000$CA (maison libre de dette d’une valeur de 275 000$US ou 440 000$CA aux États-Unis) comparativement à une maison libre de dettes de 175 000 $ CA au Canada.

Notre couple a t-il pris la bonne décision en déménageant aux États-Unis ? Côté fiscal, sans aucun doute. Toutefois, notre analyse ne fait aucune comparaison en ce qui a trait à la qualité de vie et au coût de la vie.

  • Sources :
    Robert Chayer associé Raymond, Chabot, Grant, Thornton
    Service de fiscalité internationale.


 

 

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