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Exemples de budget familial

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Comment initier les enfants à l'argent ?

par Marc Tison
Tiré de « La Presse affaires »

À quel âge faut-il commencer à discuter d'argent avec son enfant, croyez-vous ? Si vous êtes dans la moyenne canadienne, vous répondrez 10 ans.

Selon une enquête effectuée pour le compte de MasterCard Canada, dont les résultats ont été dévoilés cette semaine, un Canadien sur cinq estime même que les questions d'argent ne devraient être abordées qu'à 14 ans.

C'est tard. Très tard.

« On recommande d'en parler dès l'âge de 5 ans, quand ils commencent déjà à être en contact avec l'argent », précise plutôt Diane Miquelon, vice-présidente chez MasterCard Canada.

« Les enfants sont très curieux, poursuit-elle. Ils connaissent le contenu du porte-monnaie de maman ou papa. Ils voient l'argent, les cartes. À partir du moment où ils expriment une curiosité, c'est très bon d'en parler tout de suite. On peut leur montrer à quoi l'argent ressemble, leur dire d'où il vient, qu'il faut travailler pour en avoir. » Et qu'il disparaît quand on s'en sert.

Pour initier les tout jeunes à cette notion d'échange, elle suggère de jouer au magasin. La théorie, c'est bien. Mais rien ne vaut la pratique.

Diane Miquelon recommande de donner de l'argent de poche dès le primaire. Elle avance le barème d'un dollar par année d'âge. Aurore a 6 ans ? Elle reçoit 6 $. D'autres spécialistes suggèrent plutôt de verser 1 $ par année scolaire. La petite Aube, en troisième année, touchera donc 3 $. En fonction des moyens des parents, on retiendra le principe d'une progression annuelle, en vigueur à la date d'anniversaire.

La conseillère en sécurité financière Nathalie Lacharité a deux enfants de 12 et 14 ans. Elle utilise depuis plusieurs années un système précis pour les initier à la gestion de leurs finances.

Elle a adopté le principe d'un versement correspondant à l'âge de l'enfant. Cet argent de poche est divisé en trois parts. Un premier tiers servira aux dépenses personnelles. L'enfant en disposera à sa guise, mais il devra en faire la gestion.

« Le plus dur, c'est la discipline des parents, évoque-t-elle. On veut tout contrôler et être pourvoyeur de plaisir pour nos enfants. Le jeune ressent une frustration au plan de l'argent ? Il faut qu'il la gère. Si un enfant de 9 ans reçoit 3 $ le samedi et qu'il dépense tout dans l'après-midi, c'est fini. Il n'a plus rien pour le reste de la semaine. »

Le parent doit alors résister à la tentation - ou aux supplications - de payer pour une gâterie supplémentaire. « Si on fait ça, c'est terminé, l'enfant comprend qu'il a accès à une source inépuisable ».

Un deuxième tiers de l'argent de poche sera dévolu à l'épargne. Il sera conservé en prévision d'un achat plus important, dans une tirelire ou un compte bancaire, par exemple.

La jeune Crépuscule veut s'acheter un jeu de 70 $ ? Pas si vite ! Dans le système utilisé par Nathalie Lacharité, l'enfant devra d'abord atteindre un objectif. « Il aura une tâche à faire pendant un certain temps, devra aider un plus jeune à faire ses devoirs... » Ainsi, il n'attendra pas simplement que l'argent s'accumule - après tout, souligne la conseillère, c'est le parent qui maintient la discipline de le verser.

Rester ferme

Pas question non plus de donner accès à cette épargne sans que l'enfant ait défini à l'avance l'objet de son achat. « Le but est d'enseigner la gratification reportée, une notion oubliée, explique-t-elle. De nos jours, c'est plutôt la gratification immédiate. On achète maintenant et on paie plus tard. Je veux que les enfants apprennent l'inverse tôt. »

La troisième part sera versée dans un compte distinct, à titre d'investissement pour le long terme. Cet argent sera conservé jusqu'à la majorité de l'enfant. Cette part pourrait par exemple être directement déposée veut dans un Régime enregistré d'épargne études.

Depuis que ses enfants ont atteint l'adolescence, Nathalie Lacharité leur donne leur argent de poche une fois par mois. Les portions de dépenses personnelles et d'épargne sont jumelées et directement versées dans le compte des enfants.

« Ça leur demande un effort de gestion supplémentaire car ils ont un mois à gérer », assure-t-elle.

Le premier de chaque mois, le versement est effectué par virement automatique. « Mon garçon a sa carte de guichet et un courriel l'avertit que l'argent a été viré ». Récemment, l'ado de Nathalie Lacharité s'est enthousiasmé devant une loterie garantissant des versements de 1000 $ par semaine, la vie durant. « Que ferais-tu avec cet argent ? » lui a-t-elle demandé.

« Première chose, a-t-il répondu, je le diviserais en trois. »


 

 

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Les renseignements contenus aux présentes ont été préparés par Sylvain Marleau, un conseiller en placement de la FBN.
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