![]() |
|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (au 30 juin 2005) | 1960 | 2005 |
| S&P 500 | 56.89 | 191.33 |
| S&P/TSX | 505.11 | 9902.77 |
| Taux des obligations du Canada à 10 ans | 4.85 % | 3.74 % |
| Taux des obligations USA à 10 ans | 3.90 % | 3.91 % |
| Source : McLean Budden (perspectives trimestrielles) | ||
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Il y a quelques semaines seulement, le prix du baril de pétrole a atteint un sommet historique de 56 $. Depuis, il a reculé sous la barre des 50 $. Malgré tout, il demeure nettement supérieur à sa moyenne de 2003, soit 31 $. Nous croyons donc qu'un recul supplémentaire de 10 $ le baril au cours des prochains mois est concevable. Voici pourquoi.
Décélération de l'économie mondiale
L'économie mondiale a connu une croissance de 5% en 2004. Il s'agit de
la meilleure performance depuis 1976. Comme l'indique le graphique
ci-dessous, cette croissance a stimulé la demande mondiale de pétrole, ce
qui a poussé le prix à la hausse. Étant donné que l'économie mondiale
devrait connaître une certaine décélération cette année pour retourner
vers sa croissance tendancielle l'an prochain, soit quelque 3,5%, il y a
fort à parier que cela devrait entraîner des pressions baissières sur le
prix du pétrole.

Renversement de position des joueurs non traditionnels
Malgré l'amélioration des fondamentaux, les joueurs non traditionnels
comme les fonds spéculatifs ont sans contredit amplifié la hausse du prix
du pétrole bien au-delà de ceux-ci. Cependant, cette situation semble sur
le point de se renverser. En effet, comme on peut le voir sur le graphique
ci-dessous, les positions nettes (positions longues moins positions
courtes) sur le pétrole brut se situent maintenant en territoire négatif,
une première depuis décembre 2004. Cela suggère des pressions baissières
sur le prix du pétrole.
En résumé, nous pensons que le prix du baril de pétrole restera sous pression au cours des prochains mois et qu'il se situera à 38$-40$ à la fin de 2005.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce en janvier 2001, la Chine ne cesse d'augmenter sa part du marché des biens manufacturés. En effet, ce pays représente désormais plus du quart de la production industrielle mondiale. Il n'est donc pas surprenant que les exportations chinoises aient littéralement explosé durant cette période, passant d'une moyenne mensuelle de 22 milliards de dollars en 2001 à plus de 50 milliards en 2004. Et elles ne cessent de croître, dépassant même les 60 milliards de dollars en ce début de 2005. La part des exportations dans le PIB chinois est passée de 23% en 2001 à plus de 36% en 2004. Compte tenu de l'importance de l'excédent commercial, il est évident que le commerce extérieur est l'un des principaux facteurs à l'origine de la vigueur de la croissance de l'économie chinoise en ce moment (plus de 9% en 2004). Étant donné que la Chine compte pour 14% du PIB mondial, un ralentissement de ses exportations aurait un impact majeur sur la croissance de celui-ci.

La Réserve fédérale procède actuellement à un resserrement monétaire et nous pensons que, tôt ou tard, les hausses de taux vont freiner les dépenses de consommation des Américains, ce qui se traduira par une diminution de la demande de biens importés en provenance de Chine. Cependant, tous les observateurs ne sont pas de cet avis. En effet, certains économistes aiment souligner la très forte intégration de la Chine avec le reste de l'Asie afin de minimiser l'importance d'un éventuel ralentissement de l'activité aux États-Unis et en Europe. S'il est vrai que l'Asie a absorbé presque la moitié des exportations chinoises en 2004, il ne faut pas oublier que le tiers de ces échanges étaient effectués avec Hong Kong, le deuxième partenaire commercial de la Chine, après les États-Unis. De toute évidence, Hong Kong représente simplement une escale pour les biens chinois qui sont ensuite réexportés vers d'autres marchés sans avoir été transformés. Les réexportations à partir de Hong Kong de biens en provenance de Chine totalisaient 150 milliards depuis les 12 derniers mois. Et quelles étaient leurs destinations principales ? Les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

En conclusion, la demande occidentale reste le principal moteur de la croissance des exportations chinoises. Or, étant donné que la croissance économique des pays de la zone euro et du Japon est relativement faible, nous pensons que le ralentissement des dépenses de consommation des ménages américains aura un impact plus important que prévu sur l'économie chinoise.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Faits saillants
Opinion
Ce budget 2005 du ministre Goodale est assez conforme à la dernière plate-forme électorale du parti libéral et, à ce titre, ne comporte que fort peu de baisses d’impôt. Qui plus est, on peut aussi y déceler quelques mesures faisant partie des listes d’épicerie de certains partis de l’opposition pour s’assurer d’obtenir leur vote de confiance. Reflet d’un gouvernement fédéral disposant d’une importante marge de manoeuvre financière, ses dépenses de programmes enregistreront un bond de 11,8% pour l’année en cours. Cette hausse est attribuable en bonne partie à l’imputation dès cette année de dépenses atteignant près de 7 milliards $, montants à être versés avant le 31 mars dans des fonds en fiducie. Du même coup, le surplus potentiel de 10 milliards $ qui aurait été enregistré cette année sera ramené à 3 milliards $, soit l’équivalent du montant de la réserve pour éventualités. Notons néanmoins que sans ces affectations de dernière minute, le taux de croissance des dépenses de programmes (excluant le service de la dette) aurait tout de même atteint près de 7%, soit largement au-delà du rythme de croissance du PIB nominal (+6,1%).
Bien qu’on ne retrouve que peu de mesures destinées à réduire le fardeau fiscal des individus, l’augmentation du plafond de la contribution aux REER et l’élimination de la limite de 30% pour le contenu étranger devraient être bien accueillies par les investisseurs. Même si certains pourraient craindre un impact négatif sur le dollar canadien de l’élimination de la limite de 30%, l’effet devrait être limité, du moins à court terme. En effet, les investisseurs institutionnels avaient déjà la possibilité d’excéder cette limite via l’usage des produits dérivés. Même si a priori l’impact pourrait être plus grand (toute proportion gardée) du coté des particuliers, il serait surprenant que ceux-ci utilisent de façon agressive cette marge de manoeuvre supplémentaire puisqu’ils étaient déjà bien en deçà de l’ancienne limite permise.
Cependant, à moyen terme, les caisses de retraite pourraient revoir leurs politiques de placement. Cet exercice aura vraisemblablement un impact important sur les flux de capitaux au sein des marchés financier canadiens. Le ministre vient donc d’ouvrir la porte à une gestion sans contrainte régionale de la gestion des portefeuilles. Dans ce contexte, même les grandes capitalisations canadiennes dans les secteurs financiers et des ressources devront faire face à une compétition accrue pour l’épargne domestique.
Du côté des entreprises, l’élimination de la surtaxe et la réduction du taux d’impôt général de 21% à 19% pour préserver la compétitivité fiscale sont des gestes positifs mais leur mise en application tardive (vers 2008) seront mal accueillies. Quant aux mesures destinées à améliorer la productivité canadienne, il faudra attendre à un prochain budget.
En terminant, l’élément le plus favorable que nous retrouvons dans ce budget a trait à l’engagement du ministre des finances de réduire le ratio d’endettement pour atteindre 25% dans 10 ans (réduction de 68,4% à 38,8% depuis 10 ans). En utilisant des hypothèses économiques conservatrices (autour de 3% sur 4 ans) et en maintenant sa réserve pour éventualités de 3 milliards $ par année (en sus des provisions pour prudence économique), le ministre est pratiquement assuré de rester en surplus budgétaire pour encore plusieurs années, un élément devant permettre de maintenir des taux d’intérêt à long terme très faibles au Canada.
En 7 ans, la marge de manoeuvre canalisée dans des dépenses de programmes directs.


par Rudy Le Cours
La Presse
Plus ils sont jeunes et plus ils rêvent d'une retraite hâtive. Plus ils vieillissent et plus ils se rendent compte qu'ils devront travailler longtemps, très longtemps. Les petits entrepreneurs et travailleurs autonomes canadiens ne préparent pas bien leur retraite. Pourtant, d'ici 2020, ils seront 1,25 million à avoir atteint l'âge où vient le temps de passer le relais.
« Plusieurs s'imaginent que leur caisse de retraite, c'est leur fonds de commerce. Or, les entreprises n'ont pas toutes une valeur de revente », fait remarquer Rob Paterson, premier vice-président, services bancaires à la PME, à la CIBC.
La banque vient de publier une étude en se basant à la fois sur les données d'un sondage mené auprès de 1 829 propriétaires de PME, choisis au hasard, et sur les données de Statistique Canada. La PME est ici définie comme une entreprise comptant de un à cinq employés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 millions de dollars.
Selon Statistique Canada, il y en aurait environ 2,5 millions au pays quand on inclut les travailleurs autonomes qui se définissent comme entrepreneurs.
Du nombre, 500 000, soit 20%, prévoient prendre leur retraite d'ici cinq ans et 750 000 au cours de la décennie suivante, selon la projection des résultats du sondage.
Au Québec, la proportion atteint 17% d'ici la fin de la décennie, le pourcentage le plus faible au pays. « La concentration plus élevée d'entrepreneurs dans les entreprises de services et de technologie, moins exigeantes sur le plan physique, explique que ceux-ci ne soient pas pressés de prendre leur retraite », explique Benjamin Tal, économiste à la CIBC qui a analysé les résultats. Cela leur laissera sans doute un peu plus de temps pour épargner en vue de leur retraite.
Car là réside une des constatations les plus inquiétantes de l'enquête la majorité des entrepreneurs-traveilleurs autonomes ne cotisent pas le maximum auquel ils ont droit dans leur régime enregistré d'épargne-retraite (REER).
Les droits de cotisation au RÉER cumulatifs des travailleurs autonomes augmentent rapidement. Ils représentaient pas moins de 370 milliards de dollars en 2003.
On ne s'étonne plus dès lors de constater que l'âge moyen projeté pour leur retraite par les entrepreneurs soit de 54,3 ans quand ils ont de 18 à 34 ans, mais qu'il bondit à 64,3 ans chez les 55-64 ans, et atteint même 74,4 ans chez les 65 ans et plus.
Le sondage montre aussi que, plus on est jeunes et plus on s'imagine tirer une partie élevée de ses revenus de retraite de la revente de son entreprise. Les 18-34 ans pensent que 35,7% de leur âge d'or sera ainsi assuré alors que les 55-61 ans prévoient que seulement 26 de leurs revenus de retraite viendront de cette transaction.
« Cela traduit probablement des attentes irréalistes des jeunes entrepreneurs canadiens concernant la valeur éventuelle de leur entreprise », opine M. Tal.
Ainsi, un photographe pigiste qui veut vendre sa clientèle aura sans doute plus de difficultés à trouver preneur qu'un aubergiste qui veut céder propriété et permis.
Il importe alors de préparer de longue date la succession dans son entreprise, rappelle M. Paterson. Un photographe qui forme patiemment son fils ou sa fille pourra peut-être mieux réussir à transférer son entreprise que celui qui pose une pancarte « À vendre » devant son studio.
C'est donc dire que les conseillers financiers feront de bonnes affaires au cours des prochaines années. Les intermédiaires dans la vente d'entreprise aussi. Si la moitié des entrepreneurs et travailleurs autonomes prennent leur retraite d'ici 15 ans, cela signifie que c'est 1200 milliards (1,2 billion) en valeur d'actifs qui changera de mains au Canada.
Quel que soit leur parcours, les entrepreneurs ont tout intérêt à cotiser à leur REER. Mince consolation, les Québécois sont les seuls qui ont améliore leur situation à cet égard entre 1999 et 2002. Le montant médian de leurs droits de cotisations inutilisés s'élève tout de même encore à 18 368$. C'est mieux que la médiane canadienne de 19 186$ mais encore loin des 16 261$ de la Saskatchewan.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Depuis quelques mois, les analystes font souvent référence au niveau d’endettement record des ménages américains. Nombre d’entre eux avancent qu’un tel niveau d’endettement est insoutenable et qu’il met en péril la croissance économique future. Nous ne sommes pas de cet avis. En effet, s’il est vrai que les Américains ont eu énormément recours au crédit ces derniers trimestres, ils ne l’ont pas fait seulement pour augmenter leurs dépenses de consommation, mais aussi pour devenir propriétaires de biens immobiliers. Compte tenu de l’augmentation de la valeur de ces biens, la valeur nette des ménages américains est en constante progression depuis la fin 2002, et ce malgré un endettement supérieur.

Ce type d’analyse du bilan des ménages est intéressant, car il est centré sur la valeur nette du patrimoine et tient compte de la valeur des biens au prix du marché, et non à leur valeur comptable. Jusqu’à tout récemment, une analyse de ce genre ne pouvait être effectuée qu’aux États-Unis, car Statistique Canada ne présentait que la valeur comptable des actifs financiers des ménages. Cependant, ce n’est plus le cas. Depuis juin 2004, la valeur au marché des actifs financiers des ménages canadiens est maintenant disponible. On peut remarquer que la dette des ménages canadiens a atteint un nouveau record au troisième trimestre. Elle représente maintenant 1,2 fois leur revenu disponible et continue d’être plus élevée que celle de leur homologues américains. Cependant, comme nous l’avons mentionné au début de cette chronique, le seul ratio d’endettement ne permet pas de brosser un portrait juste du bilan des ménages. C’est pourquoi nous préférons utiliser le concept de la valeur nette. Or, la valeur nette des ménages canadiens représente 5,9 fois leur revenu personnel, ce qui constitue presque un record. En comparaison, ce ratio est 5,4 fois pour leurs homologues américains. Le niveau plus élevé au Canada s’explique en partie par le fait que la destruction de richesse a été relativement plus importante aux États-Unis lors de l’éclatement de la bulle des technos. En effet, au paroxysme de la bulle, les actifs financiers représentaient 71% des actifs totaux des Américains comparativement à 63% pour les Canadiens. La santé du bilan des ménages canadiens, conjuguée à un environnement de taux d’intérêt bas, devrait soutenir le secteur de la consommation au cours des prochains mois.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Économie
Depuis que le baril de WTI a franchi la barre des US$50, la plupart des observateurs ont révisé à la baisse leur prévision d'expansion mondiale. Le FMI prévoit que la croissance de 5,0% en 2004 - la plus forte en 30 ans - sera suivie d'une hausse de 4,3% en 2005. Tous les éléments sont en place pour une décélération, mais sa vigueur dépendra beaucoup de la politique monétaire du G7 et de l'évolution économique de la Chine.
Aux États-Unis, la montée en flèche de la facture énergétique sera compensée par un effet de richesse dû à l'augmentation des prix des maisons et aux refinancements hypothécaires depuis 2001. La dépréciation du billet vert, sur fond de stocks faibles et de rebondissement des dépenses d'investissement, pourrait permettre une croissance de 3,3% en 2005 (4,3% en 2004).
Le marché du travail canadien continue de surprendre avec une hausse de 230,000 emplois à plein temps depuis le début de l'année. Même si les usines ont comprimé leurs effectifs, l'explosion de la construction domiciliaire et du commerce de détail s'est conjuguée à d'autres secteurs de service pour pousser le ratio emplois/population à un niveau record. Les chiffres du commerce extérieur qui reflètent une économie mondiale robuste continuent d'impressionner malgré l'ascension du huard. À supposer que le budget du gouvernement minoritaire soit beaucoup plus souple le printemps prochain, l'économie canadienne accélérera probablement au cours des prochains trimestres pour gagner 3,3% en 2005, comparativement à environ 3,0% en 2004.
Taux d'intérêt
Le prix du pétrole déterminera probablement le cours de la politique monétaire du G7 au cours des prochains mois. Les banques centrales, persuadées depuis les années 1970 qu'un choc pétrolier doit plus être considéré comme une taxe sur la consommation que comme une menace inflationniste, agiront probablement de manière très décidée dans la réduction des mesures monétaires de relance. D'autre part, une baisse en 2005 des prix du pétrole qui se rapprocheraient de notre scénario de base (WTI à US$35-37) motiverait une hausse plus forte que prévue du loyer de l'argent. Notre objectif pour la fin 2005 pour les taux à court terme est de 3,50% des deux côtés de la frontière. Pour les obligations du Trésor de 10 ans américaines, des événements récents nous ont portés à réduire à la baisse notre objectif à 12 mois de 5,30% à 5,00%. L'écart actuel d'un demi-point en faveur du Canada devrait se dissiper graduellement pour céder la place à la parité, avec l'appréciation du huard.
Nous continuons de croire que le dérapage du dollar américain est loin d'être terminé puisque aucun indice de renversement du déficit du compte courant ne se manifeste encore. Le huard a gagné près de 10% depuis l'élection en juin d'un gouvernement minoritaire, soit la meilleure performance de toutes les grandes devises par rapport au dollar US. Notre objectif à 12 mois reste inchangé à 85 cents US (1,18 CAD/USD).
Marché boursier et répartition de l'actif
Le rendement de 6,4% de l'indice S&P/TSX depuis le début de l'année éclipse celui des grands indices américains. Nous pensons que les actions canadiennes continueront de dépasser les américaines. Chacun des 10 secteurs du S&P/TSX devrait surclasser son équivalent américain en termes de croissance du bénéfice. La fiabilité de ce consensus est accrue par des révisions pratiquement continuellement à la hausse depuis 12 mois. En outre, la croissance plus forte prévue n'a pas encore été entièrement intégrée dans les prix des actions. Le marché canadien et la plupart de ses secteurs se négocient à des ratios C/B prévisionnels semblables ou inférieurs à ceux de leurs équivalents américains. Nous continuons de penser que les actions sont la meilleure catégorie d'actifs et que les sociétés canadiennes dépasseront les américaines. D'où notre recommandation de très faible pondération d'actions américaines (7,5%) et notre surpondération d'actions canadiennes (30%). Notre objectif à 12 mois reste inchangé à 9500 pour le S&P/TSX sur la base de bénéfices de 600.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Des données tout juste publiées par le Bureau of Economic Analysis indiquent que la part du revenu disponible des ménages américains consacrée à l'essence a atteint au deuxième trimestre son sommet en 15 ans, en franchissant le cap des 2,7 %. Il ne fait aucun doute que les cours élevés du pétrole ont un effet de ralentissement sur l'économie (le FMI considère même d'office que chaque hausse permanente de 10 $ du baril de brut entraîne l'année d'après une baisse d'environ 0,8 point de la croissance économique américaine). Cependant, pour l'heure, la situation n'a pas atteint un stade suffisant grave pour mettre l'économie américaine sans dessus dessous. D'abord, la facture énergétique totale des consommateurs américains — qui comprend aussi bien le pétrole que l'électricité et le gaz naturel — reste relativement peu élevée lorsqu'on la compare aux valeurs historiques et, à vrai dire, elle n'est même pas plus élevée qu'en 2000. Ensuite, les cours actuels du pétrole restent encore bien en deçà des niveaux qui avaient sévi dans des épisodes antérieurs de perturbation de l'offre, une fois qu'on tient compte de l'inflation. Enfin, et surtout, la politique monétaire reste largement pro-croissance — ce qui se démarque des chocs pétroliers antérieurs, où l'inflation de base galopante avait forcé les autorités monétaires à se montrer plus restrictives. Or, compte tenu d'un taux d'inflation de base des prix à la consommation qui, en juin, se situait toujours à un modeste 1,5 % sur 12 mois, la Réserve fédérale a encore suffisamment de marge de manoeuvre pour avancer encore avec circonspection avant de retirer tout stimulus.

Le fait que les autorités monétaires puissent ainsi encaisser sans trop de mal la hausse des prix du pétrole en relevant avec modération leurs taux d'intérêt est une bonne nouvelle pour l'économie mondiale, parce que la demande élevée de pétrole va sûrement maintenir les prix élevés dans un avenir prévisible. En juillet, l'OPEP a eu beau avoir annoncé qu'elle ne voulait pas voir les cours du pétrole grimper davantage, et que ses membres avaient l'intention d'investir pour étendre leur capacité de l'ordre de 2,5 à 3 millions de barils par jour. Comme on peut le voir, cet engagement de la part du cartel s'est produit au moment même où son excédent de capacité s'était déjà résorbé, si l'on en croit l'Agence internationale de l'énergie. Et vu que la nouvelle production annoncée ne devrait pas atteindre les marchés avant la fin de l'année prochaine, il est peu probable que cette annonce de l'OPEP ait des effets immédiats sur les prix du pétrole - à plus forte raison dans le contexte actuel d'une demande mondiale élevée, conjuguée à des tensions géopolitiques et à l'incertitude engendrée par le différend opposant actuellement le gouvernement russe à Yukos, le plus grand exportateur de pétrole du pays.

par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
À l'aube d'une hausse des taux de la part de la FED, le billet vert a connu, en mai, sa plus forte poussée mensuelle en près de quatre ans. Certains ont avancé qu'il s'appréciera encore tant que la Fed majorera les taux. Toutefois, un durcissement monétaire ne se traduit pas toujours par une appréciation de la devise.
En effet, en 1993, le dollar US avait gagné 7% sur le mark et 5% sur le yen en prévision d'un resserrement. Mais, dès les premières hausses de la Fed en février 1994, il avait amorcé une glissade. Au début de 1995, malgré une majoration de 300 points de base du taux cible des fonds fédéraux, le dollar avait cédé 15% à la monnaie allemande et 12% à la devise nipponne. La dépréciation du billet vert avait été source de frustration pour la Fed dans le courant de 1994 et poussé les autorités américaines à faire de nombreuses interventions sur les marchés des changes.

L'état des finances publiques américaines, avec leur double déficit, n'est pas le seul phénomène à brouiller notre vision du billet vert : il y a aussi le fait que les banques centrales étrangères ont accumulé, ces derniers mois, des actifs en dollars US bien au-delà de ce que justifient les volumes des échanges commerciaux. Fin 2002 (dernières statistiques sur le sujet) environ la moitié des avoirs privés transfrontaliers et 64,5% des réserves de change des banques centrales étaient en dollars américains, l'euro venant en second plan pour les réserves, avec 18,7%.

La part du billet vert dans les réserves a sûrement encore beaucoup monté puisque les banques centrales ont acquis un record d'actifs américains en 2003. Aussi pensons-nous qu'un rééquilibrage des avoirs maintiendra la devise américaine sous pression pendant l'année à venir.
par Michel Girard
Finances personnelles, La Presse
Le petit investisseur devrait-il investir dans les fonds de couverture, communément appelés hedge funds. ou fonds de stratégies alternatives ? S'il y a un véhicule de placement qui gagne en popularité c'est bien le hedge fund. Ce véhicule est devenu un outil indispensable pour aider les gestionnaires de portefeuille de fonds communs et de caisses de retraite à diminuer le niveau de risque tout en optimisant le rendement des portefeuilles sous gestion.
Il y a une dizaine d'années, selon l'hebdomadaire américain Barrons, le nombre de fonds de couverture s'élevait à environ 1 600, avec un actif sous les 100 milliards US. Aujourd'hui, le nombre de hedge funds tourne autour de 6 400 et l'actif sous gestion s'élève à 725 milliards US. On se retrouve donc avec quatre fois plus de fonds de couverture et sept fois plus de capital investi.
Et ce n'est pas fini, cette croissance des hedge funds, loin de là. Des spécialistes prédisent que les caisses de retraite vont y faire appel de plus en plus au cours des prochaines années.
Pourquoi ? Parce que les hedge funds procurent aux gestionnaires des caisses de retraite un outil de placement qui leur permet, dans un premier temps, de se protéger contre la grande volatilité des marchés boursiers, et dans un deuxième temps, d'optimiser le rendement des portefeuilles.
Pour vous montrer à quel point l'avenir s'annonce prometteur pour les fonds de couverture, le grand patron de la firme J.P. Morgan Alternative Asset Management, Joël Katzman, prévoit que l'actif des fonds de couverture devrait surpasser d'ici 15 ans l'actif des fonds communs de placement et ce grâce aux investissements massifs des caisses de retraite dans les hedge funds.
En ce moment, les caisses de retraite américaines détiennent à elles seules un actif global évalué à environ 5 000 milliards US.
La Caisse
Prenons « notre » Caisse de dépôt et placement du Québec. Le président de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, a clairement laissé entendre lors de la présentation des résultats de l'année 2003 que les fonds de couverture allaient occuper une place de plus en plus Importante dans la gestion quotidienne des portefeuilles de la Caisse. D'ailleurs, la Caisse possède déjà un portefeuille d'unités de participation de fonds de couverture assez costaud, son actif atteignant les 954 millions en date du 31 décembre dernier. Ce portefeuille a été créé le 1er avril 2003. Il a rapporté un rendement de 11,2 % lors de la période des neuf mois qui a pris fin le 31 décembre dernier.
En 2004, indique-t-on dans le rapport annuel de la Caisse, l'équipe de gestion de ce portefeuille verra au développement de ses fonds de fonds et ce « en poursuivant la recherche de gestionnaires externes prometteurs et en veillant à intégrer à l'interne les meilleures pratiques » de l'industrie.
L'équipe responsable du portefeuille de couverture de la Caisse joue un rôle « d'allocateur d'actifs » auprès d'une brochette de gestionnaires de fonds de couverture externes regroupés au sein (le quatre fonds de fonds, question d'assurer une diversification sur tous les plans, de miser sur le potentiel de rendement élevé des fonds de couverture individuels et d'exercer un meilleur contrôle des risques.
Voici les quatre fonds de fonds de couverture de la Caisse :
Et vous ?
Faites-vous partie des petits investisseurs qui souhaitent tenter sa chance du côté des fonds de couverture ?
Les familles de fonds communs de placement offrent présentement quelque 90 fonds spécialisés dans les stratégies alternatives ou hedge funds. C'est trois fois plus qu'il y a à peine trois ans et six fois plus que le nombre de fonds offerts il y a cinq ans.
Voici une brève liste des « meilleurs » fonds de couverture sur une période de quelques années, accompagnés du rendement annuel à partir de 2003 et des années précédentes.
Il y a une autre solution : acheter des parts du Billet Ex-Tra, lequel est lié au programme Multi-Stratégies de la Banque Nationale. Ce Billet « Ex-Tra » existe depuis 1996. Contrairement aux autres billets liés à des produits financiers, le Billet Ex-Tra ne bénéficie pas d'une protection de capital. Mais, il est protégé contre les fluctuations de change.
Depuis sa création, le Billet Ex-tra a rapporté, en date du 27 février dernier, un rendement annualisé de 11,23 %. Voici les rendements annuels des sept années complétées : 2003 (+12,3 %); 2002 (+0,80 %); 2001 (-0,54 %); 2000 (+21,34 %); 1999 (+8,55 %); 1998 (+14,47 %); 1997 (+19,42 %).
Principales caractéristiques du Billet Ex-Tra :
Si cela petit rassurer certains investisseurs, sachez que la Banque Nationale est elle-même un des gros investisseurs qui détient une importante position dans les parts dans le Billet Ex-Tra. La Banque a donc avantage à ce que le Billet rapporte le meilleur rendement possible.
Bonne nouvelle : les plafonds de cotisation RER sont relevés.
Si vous avez un revenu élevé et que vous utilisez généralement la totalité de votre marge de cotisation RER, vous pouvez maintenant y verser 2 000$ de plus par année. Le plafond de cotisation à un RER a été relevé dans le budget fédéral de 2003 : il est passé de 13 500$ à 14 500$ pour 2003 et à 15 500 $ pour 2004.
L'augmentation ne s'arrête pas là : le plafond passera à 16 500$ pour 2005 et à 18 000$ pour 2006. Par la suite, il sera relevé en fonction de la croissance du salaire moyen au pays.

Cette mesure ne s'applique évidemment que si votre marge de cotisation, basée sur votre revenu de l'année précédente, vous autorise à cotiser jusqu'à hauteur du plafond prescrit, tel que l'indique le tableau ci-dessous. Si votre salaire est inférieur au salaire indiqué, votre limite de cotisation équivaut toujours à 18 de votre revenu de l'année précédente. En outre, quel que soit votre revenu, si vous participez à un régime de retraite ou à un régime de participation différée aux bénéfices (RPDB), votre marge de cotisation est réduite en fonction du « facteur d'équivalence », qui correspond à la valeur des bénéfices accumulés dans le régime pour l'année écoulée.

Si vous pouvez profiter de la hausse du plafond de cotisation, vous aurez possiblement droit à une plus grande économie d'impôt et, surtout, vous aurez accès à une plus grande croissance de votre épargne-retraite. Vous trouverez dans le tableau ci-dessous l'incidence de cette mesure après 20 ans pour une personne qui ne participe pas au régime de retraite d'un employeur ou à un RPDB et qui verse les cotisations maximales auxquelles elle a droit au début de chaque année.
Ces chiffres se fondent sur un taux de croissance annuel composé moyen de 8% et une augmentation de 1,5% du salaire annuel moyen. La personne qui aurait versé sa cotisation maximale selon les anciennes règles aurait versé 352 349$ en cotisations déductibles du revenu imposable et aurait accumulé 837 302$ après 20 ans, soit de 2004 à 2023. Dans le cadre des nouvelles règles, elle pourrait verser 400 809$ et accumuler 947 576$. Ainsi, avec une augmentation de 48 460$ de ses cotisations, elle pourrait ajouter 110 274$ à son capital de retraite, et ce, sans compter la valeur des déductions fiscales liées aux cotisations.
Vous manquez d'argent pour cotiser à votre RER ? Ne passez pas à côté de cette belle occasion : informez-vous sur nos prêts RER assortis d'un taux privilégié, auprès de votre conseiller en placement de la Financière Banque Nationale.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
L'an dernier, les actions canadiennes avaient le vent en poupe : elles ont augmenté de près de 25%. L'augmentation était généralisée puisque tous les secteurs ont progressé, réalisant un exploit qu'on n'avait pas vu depuis 1996. En d'autres termes, les investisseurs ont gagné de l'argent l'an dernier sans égard aux secteurs qu'ils avaient choisis. Mais il est peu probable que l'histoire se répète - cela ne s'est jamais produit deux années de suite. Par conséquent, la rotation sectorielle et la sélection judicieuse des titres seront plus importantes en 2004.

Les perspectives de bénéfice restent très positives au début de la nouvelle année. Au Canada, les prévisions de bénéfice se situent à 20 %. Aux États-Unis, les estimations américaines compilées par First Call révèlent que les analystes s'attendent à une croissance des bénéfices de 12,8 % en 2004 pour le S&P 500. Sur une base sectorielle, les résultats devraient différer nettement par rapport à 2003. Comme le graphique de cette semaine l'indique, les secteurs cycliques comme ceux des matériaux (+49 %), des transports (+38 %) et de la technologie (+33 %) devraient prendre la tête en 2004 avec une croissance des bénéfices de plus de 30 %. À l'autre extrémité du spectre, l'énergie devrait enregistrer la plus mauvaise performance en 2004 avec une baisse des bénéfices de 15 %. Comme on le voit, ce secteur a été un des plus performants en 2003 et a affiché un bond des bénéfices de 58 %.
Conclusion
L'an dernier, il suffisait d'investir à la bourse pour dégager un profit. En 2004, ce sont les investisseurs qui sauront choisir judicieusement sur le marché des actions qui y gagneront. Nous restons fidèles à nos deux thèmes d'investissement pour 2004. Premièrement, les titres liés aux matières premières continueront de bénéficier de l'accélération économique mondiale. Nous croyons que le marché haussier des matériaux de base marque plus une tendance lourde qu'une tendance cyclique comme ce que nous avons vu au cours des 20 dernières années. Enfin, les sociétés qui bénéficieront d'un dollar fort comme les importateurs nets, les entreprises utilisant beaucoup de TI et les sociétés ayant des titres d'emprunt en dollars US devraient être surpondérées. Nous apprécions particulièrement les industries qui importent leur technologie - radiodiffuseurs, câblodistributeurs, sociétés de télécommunications et dans une certaine mesure les sociétés financières - parce qu'elles bénéficieront d'un renforcement du huard sur plusieurs fronts.
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
À l'heure des bilans de 2003, les indices boursiers nord-américains afficheront un renversement de leurs tendances. Après trois années successives de rendements négatifs, les marchés boursiers ont rebondi en 2003. L'an dernier en décembre, la confiance des investisseurs était très faible. Deux mois auparavant, en octobre 2002, les marchés boursiers nord-américains avaient touché leur niveau le plus bas en cinq ans. De plus, la probabilité d'une guerre en Irak augmentait de jour en jour, les États-Unis accusant Bagdad de manquements graves à la résolution de l'ONU.

Toutefois, le marché boursier a réussi à grimper de près de 20 % en 2003, à la fois au Canada et aux États-Unis. En outre, le mouvement était généralisé puisque neuf secteurs sur dix présentent une hausse de ce côté-ci de la frontière. Qu'est-ce qui a motivé cette reprise et pourrons-nous réitérer ce succès en 2004 ?
Nous croyons que les caractéristiques fondamentales qui ont stimulé les marchés boursiers en 2003 sont encore présentes à la fin de l'année.
Il reste encore assez d'argent inemployé pour soutenir une nouvelle hausse sur le marché. Mais,la détérioration des perspectives du dollar US et la hausse prévue des rendements sur les marchés d'outre-mer pourraient détourner les investisseurs des marchés boursiers américains.
L'amélioration de l'emploi aux États-Unis ralentira la croissance des bénéfices. Avec des effectifs plus importants pour satisfaire les commandes, la croissance des bénéfices pourrait ralentir comme ce fut le cas dans le passé.
Les marchés boursiers nord-américains sont moins sous-évalués aujourd'hui qu'ils l'étaient il y a un an. Après une augmentation de 20 %, on ne s'attendait pas à autre chose. À l'avenir, les gains ne devraient pas être aussi spectaculaires que l'an dernier. Les marchés financiers pourraient évoluer dans une fourchette de négociation étroite en 2004. La reprise économique mondiale synchronisée combinée à l'essor chinois pourrait pousser les titres reliés aux matières premières dans un nouveau cycle haussier à long terme.
Conclusion : Les perspectives pour les niveaux de liquidité, la croissance des bénéfices et les taux d'intérêt ainsi que les niveaux d'évaluation sont maintenant moins intéressantes qu'elles l'étaient il y a un an. Toutefois, nous croyons qu'il est possible que la croissance des bénéfices puisse être plus importante que prévu. Nos objectifs pour la fin de 2004 sont donc portés de 1100 à 1150 pour l'indice S&P/500 et de 8200 à 8500 pour l'indice S&P/TSX. Ces niveaux impliquent que les marchés boursiers rapporteront 7 à 10 % l'an prochain, y compris les dividendes.
La liste de vérification suivante a été compilée afin de vous aider à planifier votre fin d'année fiscale en ce qui concerne vos investissements.
| 2003 | 2004 | |
| Régime d'épargne-retraite (RER) | 14 500 $ | 15 500 $ |
| Régime de pension agréé à
cotisations déterminées (RPA) |
15 500 $ | 16 500 $ |
| Régime des
participations différées aux bénéfices (RPDB) |
7 750 $ | 8 250 $ |
par Clément Gignac
Économiste en chef et stratège, Financière Banque
Nationale
Les prix des métaux grimpent en flèche. L'indice CRB des métaux a fait un bond formidable de 38,1 % depuis 12 mois, enregistrant la plus forte hausse en 12 ans (décembre 1987). Les signes d'une remontée économique cyclique mondiale prochaine exercent des pressions à la hausse sur les prix des marchandises. Cependant, les investisseurs doivent aussi tenir compte des pressions sur les prix provenant des importants changements structurels en Chine. Comme le graphique de cette semaine l'illustre, la part de la population urbaine en Chine est passée de 25 à 40 % en 15 ans seulement. Par comparaison, il a fallu aux États-Unis 30 ans pour atteindre ce niveau de développement entre 1870 et 1900. Comme on le voit ici, il reste un potentiel considérable d'accélération du taux d'urbanisation en Chine - qui n'est actuellement pas plus élevé que celui des États-Unis en 1900. Plus de 20 millions de personnes se précipitent vers les villes chinoises chaque année. Les besoins de nouvelles infrastructures en Chine continueront de soutenir le prix des métaux au cours des prochaines années.
Cependant, l'impact de l'essor économique chinois ne sera pas limité aux seules matières premières. Certains secteurs bénéficieront du changement, d'autres perdront des parts de marché. Les sociétés de transport maritime sont du côté des gagnants. Les données publiées plus tôt ce mois-ci ont indiqué une augmentation du déficit commercial américain qui atteint 152 milliards de dollars en septembre (base annualisée). La dépendance croissante des États-Unis à l'égard des importations chinoises est une aubaine pour le secteur du transport océanique. Selon le Bureau of Labor Statistics, l'indice des prix des navires océaniques entrants a grimpé à un niveau record au troisième trimestre. Cet indice traduit les changements de tarifs payés pour le transport de fret de pays étrangers vers les États-Unis par bateaux transocéaniques, quelle que soit la nationalité de l'expéditeur ou de l'armateur. L'essentiel des augmentations au troisième trimestre a encore été stimulé par une forte hausse de la demande sur des routes du Pacifique. Résultat : les prix du transport entrant de la côte ouest des États-Unis ont flambé de 35 % depuis un an.
Conclusion : Il est encore trop tôt pour définir comment l'essor chinois influera sur nos industries. Les ramifications de l'impact sont encore inconnues. Cependant, nous sommes à l'aise avec notre répartition des actifs actuelle qui surpondère les pays d'Europe, d'Asie et d'Extrême-Orient dans notre compartiment de placements à l'étranger autorisés de 30 %. Notre répartition d'actifs recommandée actuelle est la suivante : 30 % d'actions canadiennes, 25 d'obligations, 17,5 % d'actions EAEO, 12,5 d'actions américaines et 15 % de liquidités.
Si l’un des conjoints décède, quel montant d’assurance-vie vous permettra de maintenir le même niveau de vie ?
La plupart des gens ont de la difficulté à déterminer leurs besoins réels en assurance-vie. Combien nous faudrait-il pour survivre financièrement à un décès : 100 000$, 250 000$ ou davantage ?
Voici un cas fictif qui, j’espère, vous aidera à évaluer vos besoins.
Il s’agit d’un couple dans la trentaine, ayant deux enfants; le revenu annuel de monsieur est de 50 000$, celui de madame de 35 000$. Ils n’ont ni fonds de pension, ni RER, ni économies personnelles. Leur seule dette est l’hypothèque de la maison sur laquelle ils ont souscrit une assurance-vie.
À cette assurance s’ajoutent :
Survient le décès de monsieur. Sa conjointe se retrouve avec son seul revenu (35 000$) plus la rente pour orphelins évaluée à environ 166$ par mois, par enfant de moins de 18 ans. Ce montant est insuffisant pour couvrir le remboursement des dettes (frais funéraires, cartes de crédit) et assurer le soutien financier familial jusqu’à sa retraite ( éducation des enfants, frais d’opérations, entretien de la résidence, automobile…). Pour compenser le revenu annuel de son conjoint et subvenir aux besoins familiaux, ils auraient dû souscrire une assurance-vie de 500 000$.
Il ne faut pas être alarmiste et il faut toujours tenir compte de nos capacités financières lorsque vient le temps d’adhérer à une police d’assurances. Toutefois, ce dont il faut surtout se rappeler, c’est que nous avons tendance à sous-évaluer nos besoins en assurance-vie.
De 1974 à aujourd’hui, le dollar canadien est passé de 1,04$ à près de 0,65$ US. Ce déclin fait entrevoir à plusieurs canadiens, la pertinence d’adopter le dollar américain comme monnaie officielle du Canada.
Monsieur Richard G. Harris, professeur d’économie à l’Université Simon Fraser (Colombie Britannique), est en accord avec l’union monétaire nord-américaine. Je vous présente ici les arguments qu’il soulève en faveur de cette orientation.
Dans un premier temps, il soutient que la participation à une union monétaire nord-américaine s’intègre logiquement aux tendances croissantes d’intégration économique continentale et mondiale.
La réticence du Canada à adhérer à cette union est souvent due à la crainte de renoncer à son indépendance monétaire, alors que l’on sait très bien que l’indépendance monétaire est très illusoire puisque les marchés internationaux dictent les taux d’intérêt et que l’intégration économique nord-américaine entraîne une harmonisation de l’inflation et des cycles commerciaux au Canada et aux États-Unis.
Si l’on considère que, depuis la signature de l’Accord de libre-échange, les exportations du Canada sont passées de 25% à plus de 40% du PIB et que 80% de ces exportations sont destinées aux États-Unis, il est clair que le commerce nord-sud dépasse le commerce sud-ouest.
La volatilité du dollar canadien représente un problème majeur pour l’économie. La fluctuation du taux de change donne lieu à des structures de coûts imprévisibles pour les entreprises canadiennes; comme elles fonctionnent de plus en plus en dollars américains, elles absorbent pratiquement tout le risque lié au taux de change. Qu’on le veuille ou non, il faut être conscient que la devise américaine est en passe de devenir la devise commerciale d’un large pan de l’économie. Le secteur privé utilise de plus en plus le dollar US, la plupart des dépôts bancaires au Canada sont déjà libellés en argent américain et une part croissante de la comptabilité du secteur privé est exprimée en dollar US.
L’union monétaire nécessiterait-elle aussi une harmonisation des politiques dans d’autres secteurs d’activités ? Selon M. Harris, la réponse est davantage reliée aux orientations politiques car, dans plusieurs secteurs, les décisions sont indépendantes du taux de change. Il faut se rappeler que c’est à l’époque où les taux de change étaient fixes que le Canada s’est forgé sa propre identité socio-économique (assurance-maladie, assurance-hospitalisation, péréquation, régimes de pension).
Selon l’auteur, l’union monétaire nord-américaine augmentera les chances de croissance économique soutenue au Canada tout en laissant une certaine latitude pour les innovations sociales.
Richard G. Harris apporte plusieurs autres arguments en faveur de l’adoption du dollar américain, je vous invite à visiter le site www.isuma.net/v01n01/harris/harris_f.shtml pour plus de renseignements.
À première vue cela peut paraître improbable, mais plusieurs observateurs prédisent une chute des prix des résidences due au trop grand nombre de baby-boomers voulant vendre en même temps.
Le démographe David Foot et plusieurs autres chercheurs appuient cette hypothèse, affirmant qu’au regard de cette situation, le nombre potentiel d’acheteurs ne peut que diminuer ce qui entraînera inévitablement une chute des prix.
La Société canadienne d’hypothèques et de logement a publié une étude réfutant ces allégations. Les auteurs de l’étude expliquent l’évolution du prix réel des logements au Canada, au cours de 40 dernières années, et ils constatent qu’il y a eu deux périodes de hausses importantes (1973-1975 et 1985-1989) et deux périodes de fortes diminutions (1980-1982 et 1990-1992). Leurs prédictions s’appuient aussi sur une étude qui prédisait que, durant les années 1990 à 2010, le prix réel des logements diminuerait de 47% (aux USA), en raison du vieillissement de la population, ce qui ne s’est pas encore produit. Ils affirment aussi que l’incidence démographique est compensée par une hausse du revenu réel et que les fluctuations des revenus réels et les taux d’intérêt ont davantage de répercussions sur la valeur des maisons que les changements démographiques.
Selon leur conclusion, le prix des logements ne diminuera pas au Canada au cours des prochaines années. L’affirmation selon laquelle les prix vont baisser devient concevable uniquement dans les provinces où la population diminuera considérablement dans les principaux groupes d’âge, au cours des 20 prochaines années, notamment dans les provinces de l’Atlantique et en Saskatchewan. Dans toutes les autres provinces, on prévoit un prix supérieur au prix actuel, particulièrement dans les provinces de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique qui connaîtront une forte croissance démographique.
Selon les données de déclarations de revenus des particuliers, près de 6,3 millions de canadiens ont versé, pour l’année 2000, des cotisations totalisant près de 29,3 milliards de dollars. Il s’agit de records tant au niveau du nombre de cotisants que du montant total cotisé.
Par contre, si l’on y regarde de plus près, est-ce que les cotisations sont suffisantes ?
34% des déclarants admissibles à des cotisations RER se sont effectivement prévalus de ce privilège; toutefois les cotisations totales n’ont représenté que 10% des montants de cotisation auxquels ils avaient droit. La moyenne de cotisation par déclarant est de 2 700$, un peu plus que la cotisation enregistrée pour l’année 1999.
Il est bon de rappeler qu’un investissement annuel de 3 000$, pendant 25 ans, à un taux d’intérêt de 8%, représente une somme finale de 220 000$. Un petit investissement pour un résultat impressionnant.
Par contre, il est aussi bon de rappeler qu’un couple dans la soixantaine, dont le revenu total annuel est de 70 000$ avant impôts, qui désire prendre sa retraite en 2002, devra avoir accumuler 500 000$ nets d’impôts. De ce constat, il est facile de déduire que, même ajoutée à la régie des rentes et à la sécurité du revenu, une cotisation annuelle de 2 700$ n’est pas suffisante pour aspirer à une retraite confortable. Ces personnes devront posséder d’autres sources de revenus tels un fonds de pension de l’employeur, un héritage…
Vous voyez qu’il ne faut pas attendre d’être au seuil de la retraite pour se préoccuper de sa sécurité financière. Cette étape se prépare tout au long de notre vie. Il est donc important d’évaluer dès maintenant vos revenus ainsi que vos besoins à la retraite et d’établir une planification financière en conséquence. Plus vous y pensez tôt, plus votre retraite sera dorée.
Devant la baisse des taux d’intérêt, plusieurs retraités voient leur capital s’effriter plus rapidement et, à cette étape de notre vie, les solutions pour augmenter les revenus ne sont pas nombreuses.
L’hypothèque inversée consiste à utiliser la valeur de la résidence familiale pour se procurer des liquidités, sans avoir à vendre ou à déménager.
Cette technique comporte deux volets. Le premier est l’hypothèque même qui fonctionne en sens contraire d’une hypothèque ordinaire. Vous empruntez sur la valeur de votre maison et le solde augmente jusqu’à votre décès, jusqu’à ce que vous quittiez la maison ou jusqu’à ce que le prêt arrive à échéance. Généralement, l’emprunt représente entre 10 à 40% de la valeur de votre maison.
Le deuxième volet est la rente, c’est-à-dire une rente que vous achetez avec le capital emprunté et qui vous assure un revenu régulier. Lorsque l’hypothèque arrive à échéance, vous devez rembourser l’emprunt, généralement en vendant la maison.
Cette façon de procéder présente toutefois quelques inconvénients. À titre d’exemple, une importante pénalité en intérêts est appliquée si vous désirez rembourser l’hypothèque avant échéance; vous constaterez alors que les intérêts de cette hypothèque ont diminué considérablement le capital de votre maison.
L’hypothèque inversée devrait représentée votre dernier recours. Cette technique n’est appropriée que si vous tenez absolument à conserver votre maison et qu’aucune autre résidence ne peut convenir. Sans oublier, que cette méthode diminue le capital laissé à vos héritiers.
Pour de plus amples renseignements : ligne info-placements : (450) 370-3308
La retraite représente souvent le moment idéal pour réaliser de vieux rêves ou de nouveaux projets. Le départ des enfants, la possibilité de s’éloigner du lieu de travail ou de l’hiver, les loisirs sont autant de facteurs qui influencent votre décision de changer de résidence.
Comme le disait M. Yvon Boucher, dans le cadre de mon émission télévisée sur la préparation à la retraite, « le logement n’est pas seulement un toit, il est intimement lié au style de vie que l’on veut adopter à la retraite. »
Quelles seront mes activités à la retraite ? Est-ce que je désire demeurer près des services communautaires ? Ma santé me permettra-t-elle d’assumer l’entretien des lieux ? Quelle est la part de revenu que je pourrai consacrer au logement ? Est-ce que je veux rester à proximité de la famille ? Voilà autant de questions auxquelles vous devez répondre au moment de prendre une décision.
Une règle semble toutefois faire consensus avant d’arrêter définitivement votre décision : louer avant d’acheter. Il est sage et très peu coûteux d’essayer ce nouveau mode de vie avant de vous y engager définitivement. Une période de location vous permettra de cerner tous les avantages et les inconvénients reliés à l’option que vous aurez choisie.
Ayez aussi en mémoire que votre maison représentera un capital important si vous devez un jour habiter une maison de retraite. La valeur nette de votre résidence vous permettra de faire face à cette importante dépense.
Dans le même ordre d’idée, je vous invite à lire une prochaine chronique sur l’hypothèque inversée.
Généralement, lorsque vous prenez votre retraite, vous avez accumulé un capital qui vous assurera un revenu suffisant pour subvenir à vos besoins. Il est aussi préférable de ne pas toucher au capital et d’utiliser seulement le revenu provenant des intérêts.
Malheureusement, depuis quelques années, les taux d’intérêt à la baisse oblige souvent les retraités à renouveler leurs placements à des taux moindres, les plaçant quelquefois dans des situations inconfortables voire même précaires.
Pour améliorer leur situation, plusieurs personnes s’aventurent dans le monde de l’investissement. Est-ce raisonnable ? Pour répondre adéquatement à cette question, il faut bien évaluer vos revenus et vos besoins. Mais, règle générale, les investissements à la retraite exigent une approche différente des investissements au début de carrière. À cette étape, vous devez privilégier la sécurité de votre capital.
Il faut toujours être conscient que, même si les actions représentent la catégorie d’actifs offrant le plus de rendement à long terme, les marchés boursiers sont volatils et exigent que vous ayez la capacité financière d’attendre un revirement de situation advenant une baisse des cours.
Voici quelques suggestions de placements qui pourraient vous permettre d’améliorer votre situation financière, sans risquer de voir s’envoler votre capital :
Votre revenu fixe (capital garanti et revenus d’intérêt) devrait être investi en obligations, augmentant ainsi vos rendements par une répartition équitable entre diverses échéances.
L’argent de votre RER devrait être retiré en dernier ressort. Utilisez plutôt l’argent investi à l’extérieur de votre RER car, à long terme, vos RER bénéficient du report d’impôts, ce qui représente un net avantage.
Les placements spéculatifs, abris fiscaux et autres produits spécialisés conviennent rarement à la situation d’un retraité. Le risque de perdre votre capital est trop grand par rapport au rendement marginal que vous pourriez en retirer.
Au cours d’entretiens avec les clients, une question revient sans cesse : « Combien d’argent me faut-il pour prendre ma retraite ? » C’est une question importante lorsque vient le temps d’effectuer une planification financière.
Mais la réponse à cette question varie d’un individu à l’autre, en fonction de l’évaluation de ses besoins. Avez-vous l’intention de voyager ? Désirez-vous changer régulièrement de voiture ? Avez-vous l’intention de laisser un héritage à vos enfants ?
La première étape pour bien déterminer vos besoins financiers est l’élaboration de prévisions budgétaires. La majorité des gens sont incapables d’évaluer combien il leur en coûte pour vivre. Lorsque nous travaillons, nous avons un salaire et nous dépensons en conséquence; à la retraite, il est primordial de bien identifier nos besoins en fonction de notre capacité financière. Vous devez comptabiliser toutes vos dépenses, pendant une année entière, pour évaluer avec précision les coûts de votre niveau de vie.1
Voici une exemple avec lequel vous pourriez peut-être vous identifier :
1. Afin de vous aider à établir votre planification budgétaire, vous pouvez consulter le site www.webindice.ca qui contient des exemples de budget.
La retraite, c’est un mot qu’on entend de plus en plus souvent, un sujet qu’on aborde de plus en plus, un but que l’on vise de plus en plus jeune.
À titre de conseiller en placement, j’aborde régulièrement ce sujet avec mes clients. Mais au fil de ces discussions, évidemment d’ordre financier, j’ai réalisé que nous en venions toujours à toucher plusieurs aspects de la retraite.
Où demeurer ? Quoi faire pour occuper votre temps ? Quel sera votre état de santé ? et surtout êtes-vous prêt psychologiquement ?
Mettre fin à sa vie professionnelle, prendre sa retraite est l’objectif de plusieurs d’entre-nous. Mais lorsque approche le moment fatidique, les inquiétudes, le doute font surface.
La retraite ce n’est pas seulement une question d’argent. Loin de là ! Le travail répond à la plupart des besoins fondamentaux de l’être humain (sécurité, statut social, engagement, réseau social, estime de soi). Une personne qui perd ces dimensions est donc déstabilisée dans l’équilibre qu’elle s’était créé.1
La retraite n’est pas toujours synonyme de bonheur. Certains retraités s’ennuient et se sentent inutiles; ils éprouvent de la difficulté à apprivoiser la retraite. L’argent devient donc pour eux un facteur très secondaire dans l’évaluation de leur bien-être.
La retraite ça se prépare. Financièrement et psychologiquement. Certains se contenteront de lire sur le sujet, d’autres suivront une formation de préparation à la retraite, d’autres consulteront des professionnels. Peu importe, sachez préparer cette importante étape de votre vie et, même si vous êtes absolument certain que c’est ce que vous désirez le plus, réfléchissez-bien et préparez-vous à toutes les conséquences d’un changement si radical.
1. Propos recueillis de Mme Josée Jacques, psychologue, au cours d’une de mes émissions télévisées sur la préparation à la retraite.
Voici la conclusion à laquelle il faut en venir lorsque l’on consulte les résultats des recherches de Shlomo Benartzi, professeur de comptabilité à l’Université de la Californie, et de Richard Thaler, économiste de l’Université de Chicago.
Ces derniers ont appelé leur étude : « Myopie de l’aversion du risque ».
Ils ont construit un modèle de simulation des décisions qu’un investisseur doit prendre, tout au long de sa vie, dans sa répartition d’actifs entre actions et liquidités. Le premier groupe devait vérifier ses performances chaque mois; le deuxième groupe, une fois par année et le dernier groupe, tous les cinq ans.
Exactement comme le prévoyait la théorie, les investisseurs ayant vérifié leurs performances le plus souvent avaient en moyenne la plus faible exposition aux actions : les investisseurs qui vérifiaient leurs performances une fois par mois détenaient 40,9% d’actions dans leur portefeuille contre 66,2% pour ceux qui effectuaient la vérification tous les cinq ans.
Si vous avez l’habitude de suivre religieusement vos placements, vous allez fort probablement réagir aux baisses de marchés en réduisant vos placements en actions. Analysée au moment de votre retraite, cette réaction pourrait vous avoir coûté très chère, car il est prouvé que les actions rapportent de meilleurs rendements que les autres catégories d’actifs lorsqu’elles sont évaluées à long terme.
Le monde de la bourse est devenue plus accessible en grande partie grâce aux techniques de l’information. Mais comme beaucoup d’investisseurs souffrent de myopie de l’aversion du risque, ces mêmes techniques de l’information contribuent en même temps à réduire le rendement de leur portefeuille.
Attention aux statistiques !
Surinvestir décrit la stratégie consistant à emprunter pour investir; on l’appelle aussi l’effet de levier financier. Cette stratégie peut, pour des placements à long terme, accélérer le processus de création de richesse.
Mais attention, elle n’est pas profitable à tous les investisseurs. Elle a ses fidèles adeptes et ses détracteurs. Le surinvestissement peut donner des rendements supérieurs mais peut aussi s’avérer dangereux pour les imprudents et les téméraires.
Si vous êtes spéculateur, surinvestir n’est pas pour vous, vous prenez déjà suffisamment de risques. Si vous êtes du type « bas de laine » (rassuré par les certificats de placements garantis), cette stratégie ne vous convient pas car, pour être avantageuse, elle doit privilégier les rendements à long terme en recourant à des produits rapportant plus que les placements à faible taux.
Surinvestir peut vous permettre d’acquérir ce que vous n’auriez pu faire autrement. On peut comparer cette façon d’agir à l’achat d’une maison; la majorité des propriétaires n’aurait pu s’acheter de résidence sans emprunt. Les personnes riches sont souvent des propriétaires d’entreprise qui ont dû emprunter pour financer leurs opérations.
Comment savoir si cette stratégie vaut la peine ? Répondre à cette question nécessite quelques calculs que vous devriez effectuer avec votre conseiller. Il faut noter que lorsqu’on surinvestit, les coûts d’intérêt sont déductibles d’impôts. À titre d’exemple, le coût d’emprunt d’un montant de 100 000$ à un taux de 8% pourrait être de 4 000$ annuellement, après impôts. C’est donc dire que si votre surinvestissement vous rapporte 5 000$, vous êtes gagnant.
En conclusion, cette stratégie comporte des risques et des avantages, mais elle peut s’avérer rentable à la condition de respecter certaines règles :
Pour consulter une brochure sur le sujet, vous pouvez nous rejoindre au (450) 370-3308
Nul n’est besoin de rappeler qu’actuellement le marché boursier apporte son lot de frustrations aux investisseurs. Ces derniers ont donc tendance à se retirer du marché boursier pour privilégier les placements immobiliers, alléguant qu’il y a davantage d’argent à faire dans ce domaine. Ont-ils raison ?
Pour bien répondre à cette question, il est important d’analyser la situation au regard des secteurs d’activités dans lesquels se regroupent les industries; nommons, entre autres, les secteurs pharmaceutique, pétrolier, de l’immobilier, des produits industriels, des télécommunications, des services financiers, des services publics.
Tous ces secteurs subissent des cycles économiques différents. Prenons à titre d’exemple, les banques qui, en 1998, ont connu une forte chute de la valeur de leurs actions et qui aujourd’hui connaissent une excellente performance; de 1991 à 1993, le secteur immobilier a été durement éprouvé; à l’été 2000, ces sont les secteurs des télécommunications, des technologies et des médias qui sont fortement affaiblis.
Comme il est très difficile de prévoir avec justesse l’évolution des secteurs d’activités, tout bon portefeuille devrait posséder des investissements dans plusieurs secteurs. Une juste pondération entre quelques industries permet de profiter de bonnes années pour chacun des secteurs. Être propriétaire d’un immeuble et posséder des actions d’entreprises pharmaceutiques et des télécommunications pourrait, à titre d’exemple, être une avenue intéressante.
Il est évident que l’on peut déceler certains secteurs où le potentiel de rendement sera plus avantageux au cours des prochaines années. En général, les économistes s’entendent sur la croissance des secteurs des télécommunications, de la santé, de la fabrication d’équipements électroniques, de plastique et de pièces automobiles. Par contre, ils prévoient une tendance à la baisse pour les industries du tabac, du vêtement et de l’imprimerie ainsi que pour les services gouvernementaux. En terminant, je vous rappelle deux points d’ancrage importants dans le domaine de l’investissement : l’importance de diversifier vos placements et de ne pas évaluer vos rendements à court terme mais bien à moyen et à long termes.
Souffrez-vous de mimétisme lorsque vient le temps d’investir ?
Le mimétisme est cette habitude de reproduire les gestes d’autrui, de l’ensemble de la population. Peu importe le nom que vous leur donnez, votre vie regorge d’exemples où vos décisions ont été influencées par la pression de vos pairs, par la nécessité de se conformer à la norme ou par la tendance « tout le monde le fait, fais le donc ! ». En matière de mode, il est bien connu que les tendances sont suivies par des milliers de personnes.
En matière de placement, on éprouve souvent un sentiment de confort à investir dans la même compagnie que l’ensemble des investisseurs. Il nous semble moins risqué d’acheter des actions souvent surévaluées mais dont les médias vantent les mérites que d’investir dans des actions sous-évaluées dont nos amis nous disent de se méfier.
L’expérience démontre que très souvent les investisseurs achètent le titre d’une société pour de bonnes raisons, mais qu’ils vendent pour les mauvaises c’est-à-dire dès que le marché connaît des soubresauts et que l’ensemble des investisseurs vend.
À titre d’exemple, prenons le cas de la société Johnson & Johnson (J&J) . En 1992, le président Bill Clinton entreprend une réforme des soins de santé du pays, ce qui a pour conséquence d’inquiéter les investisseurs sur l’avenir des entreprises oeuvrant dans le domaine. Bon nombre d’entre eux ont commencé à vendre leurs actions, faisant chuter le prix de 59$ à 35$, en 18 mois. Et, pour suivre la majorité, plusieurs investisseurs ont fait de même, oubliant que J&J offrait une gamme de produits diversifiés sans rapport avec la santé. Pourtant, en 1997, la valeur des actions de J&J avait presque doublé pour atteindre 65$, mais les investisseurs atteints de mimétisme avaient déjà vendu !
Depuis quelques années, nous vivons cette tendance à investir comme le troupeau. En 1999 et 2000, de nouveaux investisseurs arrivaient en grand nombre pour acheter des actions dont les cours étaient souvent surévalués. Pourtant, à l’été 2002, très peu de gens veulent investir dans la bourse alors qu’ils pourraient acheter des actions sous-évaluées pouvant leur offrir des rendements spectaculaires dans les années à venir. Les investisseurs aguerris et ceux qui sont bien conseillés passent outre la tendance et profitent entre-temps de possibilités fort avantageuses.
Voici quelques conseils : investissez par achat successif (exemple 50$ par mois, pendant 30 ans), cette façon de faire vous permettra d’acheter, à certains moments, à des prix sous-évalués et, à d’autres, à des prix plus élevés. Diversifiez vos investissements, mais surtout ayez un horizon de placement de moyen à long terme. Le rendement annuel d’un portefeuille est peu important, ce qui compte c’est le rendement à long terme.
Et si vous n’êtes pas familier avec les aléas de la bourse, faites appel à un conseiller en placement en qui vous aurez confiance et qui vous aidera à suivre quelques règles élémentaires de placement.
Bons investissements !
Pour soutenir l'action de leur multinationale, les membres de la célèbre famille de J.A. Bombardier ont acheté à coups de millions de dollar des blocs d'actions additionnelles de la société du même nom, au début du mois.
Malheureusement pour les actionnaires de Bombardier, l'initiative de la famille se révèle, à court terme à tout le moins, un coup d'épée dans l'eau : l'action continue de piquer du nez. Elle est même tombée sous les 4$ hier, finissant la journée à 3,95$.
À la fin de janvier 2001, le titre de Bombardier avait fermé à 24,54$. En l'espace d'à peine 20 mois, la capitalisation boursière de Bombardier est passée 33,6 milliards à seulement 5,2 milliards. On parle d'une spectaculaire débandade de 85% À elle seule, la famille Bombardier, qui possède quelque 280 millions d'actions (20% des actions en circulation, mais 62,9% des droits de vote), a vu la valeur du portefeuille familial fondre de 6,9 milliards (le 31 janvier 2001) à un peu moins de 1,1 milliard. On parle donc d'une gigantesque perte sur papier de quelque 5,8 milliards.
Voici les récentes transactions d'achat de chacun des membres de la famille, effectuées les 6 et 9 septembre :
Par ailleurs, trois hauts dirigeants de Bombardier ont également sorti de l'argent de leurs poches pour acquérir au début du mois des actions supplémentaires dans le but évident de soutenir l'action de leur employeur.
Des dirigeants chanceux
D'autre part, plusieurs hauts dirigeants de Bombardier avaient tout de même empilé, grâce à des levées d'options d'achat d'actions, des gains énormes durant les années florissantes 1999 et 2000.
Prenons l'exemple de Laurent Beaudoin, le président du conseil d’administration de Bombardier et gendre du fondateur de Bombardier : il avait engrangé en 1999 un gain de 90,5 millions en exerçant un bloc de plusieurs millions d’options.
Durant l’année 2000, les hauts dirigeants de la compagnie avaient collectivement réalisé un profit brut de 75,1 millions en exerçant des blocs d’options.
L’an passé, les dirigeants de Bombardier n’ont pas exercé d’options. Le cours de l’action avait réussi à se maintenir au-dessus des 20$ jusqu'au début de septembre 2001. Puis est arrivée la catastrophe du World Trade Center. Le titre a réussi tout de même à boucler l’année 2001 au-dessus des 15$.
Mais depuis la fin août, à la suite d’un avertissement de révision à la baisse des perspectives financières, Bombardier est en chute libre.
La dernière mauvaise nouvelle est survenue la semaine dernière alors que la firme de notation de crédit Standard and Poor’s réduisait à la baisse la cote de crédit de Bombardier en raison d’une augmentation du niveau d’endettement de l’entreprise et des perspectives négatives du côté de la division des avions.
En investissant sur les marchés boursiers, vous devez être conscient que certains titres, éventuellement, subiront un recul. Si vous avez eu la sagesse de diversifier vos placements, cette baisse ne vous affectera pas de façon majeure puisqu’elle pourra être compensée par d’autres titres à la hausse.
Par contre, même si cela est une décision difficile, vendre un titre à perte peut être rentable du côté fiscal puisque, dans un compte imposable à l’extérieur du RER, vous pouvez réclamer une perte fiscale lorsque vous vendez un titre à perte. Cette perte vous permet de diminuer un gain sur un profit que vous avez réalisé cette année, ou au cours des trois dernières années, ou encore vous pourrez la reporter indéfiniment afin de diminuer un gain que vous ferez dans l’avenir. Toutefois, il est bien important de comprendre que la perte fiscale est appliquée contre un gain en capital et non contre des revenus ordinaires.
Prendre une perte en capital est un exercice que l’on fait habituellement à la fin de l’année civile pour redresser votre année d’imposition. Vous devez cependant respecter quelques règles. Mentionnons la plus importante à l’effet que vous pouvez prendre une perte en capital seulement si vous ne détenez pas ce titre, pendant 30 jours. C’est-à-dire que vous pouvez racheter le titre, le 31e jour suivant sa vente. Une exception existe pour la vente d’un placement hors RER, que vous rachetez à l’intérieur de votre RER. Ce genre de transaction est autorisé, mais ce placement ne doit pas être considéré comme votre cotisation au RER.
Vendre un titre à perte : parlez-en à votre conseiller, il vous trouvera très avisé de suggérer un telle démarche.
Montréal, le 25 mars 2002 – Le Canal Savoir, toujours soucieux d’offrir une programmation variée favorisant l’accessibilité à la formation et touchant des domaines pratiques, diffusera prochainement une nouvelle série d’émissions : Indice-retraite, portant sur la préparation à la retraite; sujet très actuel qui soulève de nombreuses questions auprès d’un grand nombre de travailleurs.
Une série de douze émissions au cours desquelles on discute avec des professionnels, de sujets aussi variés que les finances personnelles, le conditionnement physique, la santé, le logement et l’alimentation. La pertinence des exposés, la qualité des propos et le témoignage de nouveaux retraités ajoutent à la qualité et à la véracité de cette série. Indice-retraite, conçue et animée par Sylvain Marleau, conseiller en placements chez Financière Banque Nationale, a été réalisée par le réseau de câblodistribution Cogeco – édition locale de Salaberry-de-Valleyfield.
Parallèlement à cette série, le site www.webindice.ca, gérée par Sylvain Marleau, vous donne accès à une foule de renseignements judicieux sur la retraite et sur vos finances personnelles. Canal Savoir, en ondes depuis 1984, est une chaîne conçue pour les maisons et les partenaires du Savoir. Seule chaîne en mesure de consacrer la totalité de sa programmation à la diffusion des connaissances, elle offre l’occasion, en tant qu’outil de masse, d’élargir le rayonnement des activités de formation et de joindre une clientèle diversifiée. Le Canal s’est taillé une place dans le paysage télévisuel québécois et a mobilisé l’attention d’une part importante d’intervenants du monde de l’éducation et des télécommunications. Le Canal… un accès au Savoir.
Une tendance à la baisse qui s’accentue ?
Les déboires du dollar canadien n’ont rien de nouveau. Comme le hockey, ils font partie du patrimoine collectif du Canada. Depuis 1960, le huard a perdu 40% de la valeur par rapport au dollar US, dans ce qui représente une retraite spectaculaire. Le plus curieux, c’est que la tendance à la baisse semble avoir accéléré au cours de la dernière décennie. Pourquoi ?
Le Huard a perdu 21,3% de sa valeur par rapport au billet vert entre 1990 et 1999 et a dégringolé de 8,9% de plus depuis. Comme l’excédent de la balance commerciale du Canada avec les États-Unis s’est amélioré sur la même période, le dérapage semble surprenant. Mais nous pensons que les fluctuations de la monnaie tiennent à bien plus qu’aux échanges commerciaux. L’année dernière est un très bon exemple – même un excédent commercial extrêmement positif de 100 milliards de dollars avec les États-Unis n’a pas empêché le huard de reculer de 6%.
L’air du temps
Il faut donc chercher la cause plus loin. Un des phénomènes qui n’a pas changé ces dernières années est le rôle des flux de portefeuille. Aujourd’hui, ils représentent 50% de tous les flux de capitaux entre le Canada et les États-Unis. Ces flux sont devenus un déterminant essentiel de la monnaie canadienne.
Les flux de portefeuille se composent d’achats par des ressortissants américains de valeurs mobilières canadiennes – essentiellement des actions et des obligations – et d’achats par des Canadiens de valeurs américaines. Le huard n’a aucun appui du côté des actions. Les Américains ne raffolent pas des actions canadiennes. L’an dernier, ils ont acheté pour 4 milliards d’actions canadiennes alors que les Canadiens, eux, ont acheté pour 19 milliards d’actions américaines, soit une sortie nette de 15 milliards de dollars.
David contre Goliath
L’année était représentative de l’époque. Bon an mal an, les Canadiens apprécient beaucoup plus les actions américaines que les Américains n’apprécient les canadiennes. Le déterminant clé, ici, n’est pas la performance relative mais la taille du marché – le marché américain est 22 fois plus grand que le canadien. Qui plus est, 50% de la capitalisation boursière du Canada sont concentrés sur 20 titres à peine, ce qui lui donne une base très étroite. Pour empirer encore les choses, beaucoup de ces 20 titres sont aussi inscrits à une cote américaine – les Américains peuvent les acheter et les vendre chez eux. Le Canada a donc beaucoup de mal à rivaliser avec les États-Unis pour attirer les investissements en actions.
Et les marché obligataire, alors ? Statistique Canada a déclaré un bond formidable de 33,6 milliards de rentrées obligatoires nettes en 2001.
À première vue, cela semble bizarre. Avec des rentrées nettes de 18,6 milliards de dollars en 2001, pourquoi le huard a-t-il chuté de plus de 6% sur toute l’année ?
Le puzzle nous a ramenés aux données, et ce que nous avons constaté est étonnant. Il en ressort que les flux obligatoires sont principalement attribuables aux achats par les États-Unis de nouvelles émissions canadiennes. Mais très peu de ces achats (4 milliards seulement) portaient sur des obligations en dollars canadiens. La plupart des nouvelles émissions canadiennes achetées par les Américains étaient établies en USD – un record de 56 milliards de dollars en 2001.
Les Américains achètent depuis des années au moins deux fois plus d’obligations canadiennes en USD qu’en CAD, et la part des USD a continué d’augmenter. Le marché des émissions canadiennes en USD grandit plus vite.
Un cercle vicieux
Les obligations en dollars américains ne représentent que 7% du marché obligataire fédéral, mais 34% du marché des obligations provinciales et 50% du marché des obligations de sociétés canadiennes. Les entreprises canadiennes se tournent de plus en plus vers les États-Unis pour trouver des capitaux d’emprunt. Cela s’explique par le fait que le marché américain est beaucoup plus grand et plus liquide, ce qui facilite le financement par emprunt. Résultat : le marché canadien rétrécit, ce qui incite encore moins les entreprises canadiennes à émettre des titres d’emprunt dans leur propre monnaie.
Les malheurs du huard
Il faut des flux de portefeuille positifs pour soutenir le décollage du dollar canadien. Le huard ne peut pas compter sur les actions. Les investissements en actions outre-frontière doivent être contrebalancés par des rentrées sur le marché obligataire. Mais les investisseurs américains qui achètent des obligations de sociétés canadiennes n’ont d’yeux que pour celles établies en USD. Il ne reste donc guère que les obligations du gouvernement du Canada comme solution de rechange. Mais ces titres ne sont pas assez intéressants pour compenser complètement les sorties sous forme d’actions et d’obligations de sociétés.
Un regard sur l’avenir révèle que le potentiel de remontrée est limité. Le rendement supérieur des obligations d’État canadiennes aidera le huard à rattraper un peu du terrain perdu, mais pas beaucoup.
Que vous soyez âgé de 20 ans ou de 60 ans, vous aurez toujours des décisions financières à prendre. Certains auront besoin d’assurances, d’autres voudront investir dans un régime d’épargnes études, alors que les jeunes retraités voudront s’assurer d’une saine gestion de leurs économies.
Lorsque vous éprouvez des problèmes de santé, lorsque vous avez des difficultés avec votre auto, lorsque vous décidez d’agrandir votre maison, vous faites appel à des professionnels parce que les enjeux sont majeurs.
Votre santé financière ne l’est-elle pas tout autant ? Avec toutes les possibilités et les services financiers qui s’offrent à vous aujourd’hui, avoir recours à un professionnel en placement est une question de sécurité et de tranquillité d’esprit. Mais comment s’assurer que notre conseiller est un professionnel, en qui nous pouvons placer notre confiance et à qui nous pouvons confier nos économies ?
Dans un premier temps, il est primordial de déterminer vos attentes face à un conseiller financier. N’oubliez pas qu’il existe plusieurs sortes de conseillers qui offrent un éventail de services. Certains se sont spécialisés dans des domaines spécifiques, d’autres ont accès à une gamme limitée de produits et quelques-uns sont avant tout des vendeurs, ils ne peuvent par conséquent être qualifiés de conseillers.
Un professionnel en placement vous aidera d’abord à planifier votre retraite. Par la suite, selon vos besoins, il pourra vous renseigner sur les régimes d’épargnes études, sur les RER, sur les plans d’assurance. Il vous guidera aussi dans l’élaboration de votre budget familial, dans la gestion de vos économies et il vous permettra sans aucun doute de tirer profit au maximum des avantages fiscaux auxquels vous avez droit.
Est-ce que votre conseiller actuel vous a parlé de tous ces services ? Êtes-vous certain de profiter pleinement de toutes les possibilités mises à votre disposition ?
De nos jours, il n’est plus nécessaire de faire affaires avec plusieurs firmes ou organisations pour bénéficier de tous ces services. Auparavant, vous deviez traiter avec un agent d’assurances, une institution financière, une maison de courtage et aucune des personnes rencontrées ne pouvaient vous offrir une vision d’ensemble de vos finances.
Aujourd’hui, vous n’avez besoin que d’un seul professionnel. Pour vous aider à bien choisir votre conseiller, je vous fais part de quelques critères dont vous devriez tenir compte :
La personne que vous choisirez ne sera peut-être pas spécialisée dans tous les domaines, mais si vous avez opté pour une firme bien structurée, celle-ci mettra à votre disposition une équipe de professionnels pouvant répondre à tous vos besoins, tout au long de votre vie.
On entend de plus en plus parler de canadiens qui déménagent aux États-Unis parce qu’ils paient moins d’impôts… et l’on doit admettre qu’ils n’ont pas tort.
Prenons l’exemple d’un couple avec enfants dont l’épouse ne travaille pas à l’extérieur. Si on suppose que ce couple a un revenu annuel de 75 000$CA, une maison de 175 000$CA et une hypothèque de 100 000$, il paie des impôts annuels (fédéral, provincial et charges sociales) de 26 500$CA.
Supposons maintenant que ce couple vend la maison et déménage à Boston. S’il reçoit un revenu identique soit 50 000$US, qu’il achète une maison de 275 000$US (donc une hypothèque de 225 000$ puisqu’il aura versé en acompte, le revenu net de la vente de sa maison au Canada soit 75 000 $CA ou 50 000$US), les impôts qu’il aura à débourser seront d’environ 8 500$US ou 12 900$CA : une différence de 14 000$CA par année.
| Canada | États-Unis | |
| $CA | $US | |
| Revenu annuel | 75 000$ | 50 000$ |
| Valeur de la maison | 175 000$ | 275 000$ |
| Montant total de l’hypothèque | 100 000$ | 225 000$ |
| Impôts annuels | 26 500$ | 12 900$ |
Toutefois, si on considère que le montant des paiements hypothécaires sera plus élevé d’environ 1 000$CA par mois, le niveau de vie est donc similaire (moins d’impôt aux États-Unis mais des paiements hypothécaires plus élevés). Par contre, dans 20 ans, lorsque la maison sera payée, ce couple possèdera une valeur immobilière plus grande d’environ 265 000$CA (maison libre de dette d’une valeur de 275 000$US ou 440 000$CA aux États-Unis) comparativement à une maison libre de dettes de 175 000 $ CA au Canada.
Notre couple a t-il pris la bonne décision en déménageant aux États-Unis ? Côté fiscal, sans aucun doute. Toutefois, notre analyse ne fait aucune comparaison en ce qui a trait à la qualité de vie et au coût de la vie.
Un débat existe depuis fort longtemps sur les avantages d’acheter ou de louer une propriété. Différents mythes se sont propagés tels : « en étant propriétaire, je peux récupérer quelque chose au moment de la vente. » ou « si le prix des maisons augmente, je pourrai réaliser un bon profit. »
M. Éric Brassard, planificateur financier, a écrit un livre sur le sujet. L’équipe qui a participé à sa rédaction a réalisé un sondage auprès de 500 personnes vivant dans les régions de Montréal et de Québec. Et, bien que plus de 72% des gens pensent qu’il est plus avantageux d’être propriétaire, M. Brassard détruit ce mythe.
Bien entendu, au moment de louer ou d’acheter une maison, on peut ne pas considérer que le côté financier; les goûts personnels, la proximité des écoles, le confort entrent aussi en ligne de compte. Parfois, il est préférable de vivre chez soi pour avoir la possibilité d’écouter de la musique un peu plus fort ou tout simplement pour avoir un chien.
Cependant, du point de vue strictement financier, l’auteur vous propose, dans son livre, une méthode simple et rapide qui vous permettra de déterminer si vous avez fait le bon choix ou si vous vous apprêtez à faire le bon choix. Voici de quoi il s’agit.
Le coût pour habiter votre résidence (intérêts, frais courants annuels, travaux de réfection…) se compare au loyer versé par un locataire. Ce coût est établi mensuellement à environ 1% à 1,25% du coût d’achat. À titre d’exemple, si vous payez votre maison 150 000$, le coût pour y habiter est évalué à environ 1 500$ par mois. S’il vous est possible de louer un maison équivalente pour moins que ce 1% par mois, il serait financièrement préférable de louer. Ainsi, certaines personnes pourraient trouver avantageux de vendre la maison et d’économiser plus de 500$ par mois.
L’auteur reconnaît que cette méthode n’est pas infaillible, mais elle a été testée auprès de 258 personnes et les résultats ont été étonnants. Selon M. Brassard, la propriété a son prix !
Est-il moins dispendieux d’acheter ou de louer ? Un excellent livre que vous devriez lire avant d’acheter une propriété.
Un jeune investisseur au début de la trentaine me disait qu’il était bien trop tôt pour penser à la retraite : « Je suis à l’étape de ma vie où j’ai le plus de dépenses. J’ai une maison à payer, deux enfants à faire vivre, des emprunts sur deux voitures et mon salaire n’est pas aussi élevé que les gens de 50 ans. »
Mon client a raison, mais il devrait justement penser à la planification de sa retraite avant d’effectuer d’importantes dépenses (maison, autos) qui limiteront sa flexibilité financière pour de nombreuses années.
Saviez-vous que pour s’assurer une retraite sans soucis, un citoyen doit toucher, au moment où il cesse de travailler, un montant équivalent à 70% de ses revenus d’avant retraite. Une famille ayant un revenu familial annuel de 70 000$ devrait économiser plus de 500 000$ (valeur actuelle) pour prendre sa retraite à 60 ans.
Les prestations de retraite provenant de l’état (Québec et Canada) devraient représenter environ 40% des revenus pour une personne dont le salaire annuel moyen est de 35 000$. Il faut donc conclure que le fonds de pension de l’employeur, les RER et autres économies devraient combler la différence.
C’est pourquoi, comme je le disais au début et contrairement à ce que l’on pense, c’est à 30 ans qu’il faut débuter la planification de sa retraite, parce que c’est l’étape des décisions financières importantes. Peut-être opterez-vous pour un employeur offrant un fonds de pension, peut-être choisirez-vous une maison rencontrant davantage vos objectifs financiers. Peut-être déciderez-vous d’investir dans un RER…
Et ne croyez pas cela impossible. Un moyen simple et efficace est le retrait direct de votre compte bancaire. À titre d’exemple, un retrait mensuel de 250$ vous permettra d’investir 3 000$ par année dans votre RER et de bénéficier d’un retour d’impôt approximatif de 1 200$. Cet investissement annuel de 3 000$, effectué entre 30 et 60 ans, à un taux de 8%, rapportera un montant total de 339 850$ en argent d'aujourd'hui.
Tous ces chiffres peuvent vous sembler hors d’atteinte, pourtant c’est possible si vous commencez à épargner tôt. On ne le redira jamais assez : l’important c’est le temps et le temps c’est de l’argent !
Dans la vingtaine et la trentaine ont construit notre environnement autant aux niveaux professionnel, familial et social. Ce sont donc des périodes où les dépenses et les investissements sont très importants. Un salaire de début de carrière, l’achat d’une maison et de voitures, l’arrivée d’un enfant sont souvent des sources d’inquiétude.
Bien qu’il soit prouvé que le budget influence rarement la décision d’avoir un enfant, il est préférable d’en connaître toutes les implications pour bien planifier nos décisions financières.
Les coûts reliés à un enfant, selon les chercheurs
Quel revenu est nécessaire aux familles pour maintenir le même niveau de vie après la venue d’un enfant ? Les chercheurs se sont penchés sur cette question et ils en sont arrivés à la conclusion que le revenu moyen des ménages canadiens est de 50 000$ et que le cinquième de ce revenu, soit 10 000$, est applicable aux dépenses reliées à un enfant.
Ce montant est une estimation valable, mais selon l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de l’Est de Montréal, il tient peu compte des variables qui influencent la façon dont une famille dépense sont argent : les valeurs, la culture, les habitudes de vie, le revenu et le milieu.
Par ailleurs, il est démontré qu’avoir un enfant modifie la répartition des revenus. Selon Mme Anne H. Gauthier, économiste et démographe, qui a réalisé en 1989 pour Statistiques Canada une estimation des dépenses reliées à un enfant, on peut affirmer que le niveau de vie baisse à la naissance d’un enfant. L’enfant transforme les habitudes de vie des adultes et les rend plus sédentaires, les dépenses sont alors davantage centrées sur les besoins familiaux que sur les besoins des adultes. Certaines dépenses spécifiques à la venue d’un enfant sont difficilement dissociables du budget global tels les coûts d’alimentation, d’habitation, de transport… alors que d’autres sont plus faciles à évaluer comme les vêtements, les frais de garde et l’éducation.
Les coûts reliés à un enfant, selon les parents L’ACEF de l’Est de Montréal a rencontré onze familles ayant un enfant âgé entre huit mois et trois ans et demi. Le revenu brut de ces familles varie entre 15 000$ et 60 000$. Trois familles sont monoparentales et dans six familles, les deux conjoints travaillent.
Les résultats de l’enquête sur le terrain sont étonnants par leur variété. Le coût global moyen de la première année d’un enfant est de 5 194$. Le plus petit montant affecté aux dépenses reliées à un enfant est de 1 090$ et le plus élevé est de 14 290$. Dans l’ensemble, quatre familles ont dépensé moins de 2 000$, deux entre 2 000$ et 5 000$, trois entre 6 000$ et 8 000$ et deux 10 000$ et plus. Ces variations assez marquées s’expliquent par les différentes façons dont chaque famille répartit son revenu. Ce sont particulièrement les coûts reliés aux frais de garde et au congé parental qui font fluctuer de façon significative le montant global. Si on exclut les coûts du congé parental, l’écart se rétrécit et la moyenne des dépenses se situe autour de 3 185$. Mais, malgré cette exclusion, une famille a dépensé plus de 10 108$, dont 5 000$ en frais de garde. Le statut de travailleuse autonome de la mère ne lui permettait pas de profiter des avantages du congé de maternité, elle est retournée au travail deux mois après l’accouchement.
Pour toutes les familles, la perte financière reliée au congé parental est importante, en moyenne 2000 $. Cependant, aucun parent n’a semblé préoccupé par cette perte. Les éléments dont ils ont tenu compte dans leur décision d’avoir un enfant ont été d’abord la sécurité d’emploi et des motivations personnelles.
La débandade des titres technologiques que nous vivons depuis le printemps 2000 est très semblable à celle de la correction des années 1959 à 1962.
À cette époque, les titres électroniques faisaient l’objet d’une forte spéculation. La nouvelle économie était présentée par des compagnies tels IBM, Xerox, Polaroid. Les gestionnaires de fonds, autant que les petits porteurs d’actions, n’hésitaient pas à payer de gros prix. Les multiples cours-bénéfices pouvaient aisément dépasser 81 pour IBM, 123 pour Xerox et 164 pour Polaroid. Avec le recul, on sait que les prix parfois payés pour les actions de ces entreprises n’étaient pas justifiés.
La suite des événements était prévisible. L’euphorie a pris fin en 1962, avec une chute des cours de plus de 80% des titres « tronics » . Même des titres comme IBM, compagnie établie depuis un quart de siècle, ont vu leurs multiples cours-bénéfice passer de 80 à 20.
Ce qui est encourageant, c’est que l’investisseur ayant un horizon de placement de 40 ans a tout de même réussi, avec son portefeuille d’actions, à surpasser le rendement des obligations canadiennes, même s’il a commencé à investir juste avant la débandade qui a suivi les sommes historiques de 1962, 1969, 1973 ou 1987.
À court terme, la bourse est une machine à voter. À long terme, c’est
une balance.
Benjamin Graham
Dans quelques années, lorsque vous évaluerez les rendements que vous auront procurés de nombreuses entreprises des secteurs des technologies, des télécommunications et des médias, vous en déduirez que le marché boursier peut générer d’excellents profits, mais cette déduction ne sera possible que si, et seulement si, vous avez suivi l’un des premiers principes d’investissements : les placements à long terme.
Au cours de l’an 2000, certains investisseurs étaient déçus de leurs rendements de 20 %, ils visaient des rendements de 100%. C’était la folie boursière, ils étaient invincibles et ils étaient persuadés qu’en gérant eux-mêmes leur portefeuille, ils pourraient faire aussi bien sinon mieux que les professionnels.
Or la dure réalité de l’an 2001, alors que les secteurs vedettes de l’an 2000 (technologies, télécommunications et médias) se sont effondrés, nous ramène aux bases de l’investissement et nous permet de réaliser que les entreprises de ces secteurs procureront d’excellents rendements sur un horizon de placement à long terme.
Pourquoi ?
Parce qu’un investissement à long terme vous permet de profiter des rendements composés. C’est-à-dire que dans les comptes taxables, celui qui investit à long terme réinvestit les gains en capital qu’il aurait dû remettre au fisc s’il avait réalisé des profits.
Parce qu’un investissement à long terme vous permet de profiter des dividendes que plusieurs entreprises déclarent trimestriellement. De plus, il ne faut pas oublier que plusieurs sociétés augmentent régulièrement leurs dividendes, et ce, jusqu’à 10% par année.
Parce qu’un investissement à long terme vous permet d’éviter les erreurs. Si vous connaissez bien une entreprise (je parle d’entreprises solidement établies qui présentent d’excellentes possibilités à long terme), vous pouvez rachetez des parts de celle-ci lorsque la valeur de vos actions diminuent, à la condition d’attendre que les actions de votre entreprise se redressent.
Il faut se rappeler que le marché boursier a connu d’excellents rendements depuis 1970 (rendement approximatif 11% pour le TSE 300). Par contre, durant cette même période, les marchés canadiens ont subi un repli de 25% à 56 occasions, de 15% à six occasions et de l0% à neuf occasions.
Souvenez-vous que l’achat d’actions d’entreprises est un moyen d’améliorer le rendement de son portefeuille et non un moyen d’accéder rapidement à la richesse !
Oui, mais comment ?
Comme je le mentionnais dans la chronique de la semaine dernière, un
marché baissier peut offrir des opportunités d’investissement très
intéressantes, mais encore faut-il les reconnaître !
La prudence est de mise car plusieurs investisseurs désirent avant tout s’enrichir rapidement, et cela, au risque de placements volatils. Si vous faites partie de cette catégorie de joueurs, il serait bon de vous rappeler quelques faits :
Que faire ?
Un retour sur le passé nous enseigne que les périodes de
ralentissement économique, comme celle que nous connaissons présentement,
sont une occasion pour les entreprises les plus solides de diminuer leurs
coûts d’opération, de recentrer leurs activités sur leurs forces
principales et de saisir d’excellentes occasions d’affaires à la suite de
la disparition de concurrents.
Il faut donc reconnaître et dissocier les sociétés à petites capitalisations, qui ne survivront pas au réajustement de leur industrie, des chefs de file mondiaux dont les actions repartiront inévitablement à la hausse au moment de la reprise de l’économie et dont, par le fait même, les chiffres d’affaires augmenteront.
En résumé, il faut être bien renseigné sur les entreprises dans lesquelles nous investissons. Les ratios financiers sont bien évidemment indispensables, mais il faut aussi connaître leur direction, leurs produits, leur place dans le marché, leur potentiel de développement ainsi que la croissance possible de leurs chiffres d’affaires et de leurs profits.
Ces recherches peuvent vous sembler fastidieuses mais elles vous rassureront et vous permettront de garder le sommeil lorsque vos investissements diminueront temporairement à la suite de réajustements de marché. Puisque vous connaîtrez biens les entreprises dans lesquelles vous avez investi ou qu’il serait bon d’investir, vous entreverrez ces fluctuations comme d’excellentes occasions d’augmenter votre position dans vos titres préférés.
De plus, il est important de se fixer des objectifs réalistes et de se donner du temps pour les atteindre (10 à 12% par année afin de doubler vos placements tous les 6, 7 ou 8 ans). À titre de comparaison, des investissements dans des obligations 100% garanties, à 5% de rendement annuel, doubleront leur valeur en 14 ans (dans un compte non imposable bien entendu), alors que des investissements dans un portefeuille équilibré vous rapporteront un moyenne de 8 à 10% annuellement et vous doublerez la valeur de vos avoir en 7-8 ans.
En résumé, pour bien gérer votre portefeuille, considérez toujours qu’acheter des actions dans une entreprise c’est comme acheter une entreprise ! Avec cette ligne de conduite, vous rejoindrez la vision de Benjamin Graham qui écrit, dans son livre L’investisseur intelligent :
L’année 2001 aura été particulièrement difficile pour les investisseurs : un marché baissier qui n’en finit plus, des chefs de file mondiaux dont les valeurs boursières chutent de 90 % et des prévisions économiques pessimistes. Ces éléments créent un climat d’hésitation et d’inquiétude chez les investisseurs, qui auront tendance à placer leur argent dans des produits garantis, leur rapportant un maigre 2,5% de revenu annuel.
Mais qu’en est-il exactement ? Est-il normal que la Bourse connaisse
une telle dégringolade ?
L’historique des cycles boursiers témoignent de la normalité des
marchés baissiers. En voici un aperçu :
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la moyenne du recul des marchés boursiers aux États-Unis est d’environ 28%.
Mais les reprises consécutives aux marchés baissiers sont généralement très fortes :
À la lumière de ces statistiques, il faut surtout se rappeler deux facteurs essentiels que j’expliquerai dans les prochaines chroniques :
En terminant, je vous laisse sur une réflexion de MM. William Sterling et Stephen Waite, gestionnaires de la compagnie de fonds mutuels CI :
« Ironiquement, une correction boursière prononcée d’ici quelques années, accompagnée ou non d’une récession, pourrait être bénéfique pour les marchés boursiers. Même s’il n’y avait pas de récession, un recul important des marchés pourrait favoriser des restructurations d’entreprises sur une grande échelle et inciter des baby-boomers subitement plus inquiets à épargner davantage. Si, en bout de ligne, l’inflation et les taux d’intérêt devaient baisser encore de quelques crans, la prochaine phase haussière promettrait d’être vigoureuse. »
Disposition réputée
La loi de l’impôt sur le revenu permet à un contribuable qui en fait le
choix de réaliser une perte en capital sur les actions sans valeur qu’il
détient. Lorsque le choix est exercé, il est réputé que les actions ont
été disposées pour un produit nul et acquises de nouveau à un coût nul.
Cette disposition réputée engendre pour le contribuable la réalisation
d’une perte en capital sans qu’il y ait disposition réelle des actions.
Pour déterminer si cette règle s’applique à vos actions, veuillez
consulter votre conseiller en placement.
Après des années de dur labeur et une gestion efficace de vos avoirs, vous avez accumulé un actif considérable... Savez-vous que vos héritiers pourraient n'en récolter que la moitié ?
À votre décès, vos héritiers découvriront avec surprise qu’une part considérable de ce que vous aviez pensé leur léguer sera, en fait, accaparée par le fisc. Une partie de ce choc fiscal sera atténuée si votre conjoint vous survit, puisque, moyennant certaines conditions, votre actif pourrait lui être transféré en franchise d’impôt. Ce sera le cas notamment de votre RER et de votre FRR. Cependant, lorsque votre conjoint décédera à son tour, le fisc présumera que vous avez cédé l’ensemble de vos biens, qui sera dès lors considéré comme un revenu et/ou un gain en capital. Vos enfants ou bénéficiaires, à qui vous aviez cru laisser un confortable héritage, se retrouveront avec la lourde tâche de payer l’impôt sur ces revenus et ces gains. Parmi toutes les approches envisageables pour réduire cet effet indésirable, un produit que vous connaissez fort bien présente des avantages incomparables. Ce produit, en effet, vous permet de libérer une importante somme d’argent que vous léguerez à votre succession en complète franchise d’impôt. Il s’agit de l’assurance-vie. Pour obtenir de plus amples renseignements sur cet article, nous vous invitons à rejoindre votre conseiller en placement.
Je suis profondément attristé, et nous le sommes tous, par les événements survenus aux États-Unis, le mardi 11 septembre. Je ne peux qu’avoir une pensée et exprimer ma profonde sympathie à toutes les personnes touchées par cette terrible tragédie.
Une terrible tragédie qui se répercutera inévitablement sur les marchés boursiers. Et, en tant que conseiller en placement, je me dois aussi de penser à vous et de vous rassurer quant aux conséquences que cette crise entraînera sur les investissements.
Les investisseurs ont été mis à rude épreuve au cours des derniers mois. Un ralentissement économique se fait de plus en plus sentir et a fait fléchir les indices boursiers depuis le début de l’année 2001 (-17.5% pour le TSE 300 et –17.8% pour le S & P 500).
Dans le domaine financier, comme dans bien d’autres, la tentation est forte de céder à la panique et de réagir rapidement, sous le coup de l’inquiétude. Or, c’est exactement la réaction à éviter. Il est fort probable que les indices ouvriront en baisse à la suite des événements de mardi et il est impossible à ce stade de prévoir combien de temps cette situation prévaudra. Toutefois, l’expérience démontre bien que les plus grands perdants seront ceux qui liquideront leurs titres avec des ordres ouverts. Dans ce contexte, je ne peux que vous recommander d’attendre que la raison triomphe de la panique. D’ici quelques jours voire une, deux ou trois semaines, le quotidien aura repris son cours normal. Il est aussi fort probable que d’excellentes opportunités d’achat se présenteront aux investisseurs. Personnellement, je n’hésiterai pas à acheter mes titres préférés à des prix dérisoires.
L’expérience passée nous prouve que les investissements à long terme sont les plus rentables. En effet, depuis une vingtaine d’années, les marchés baissiers ont duré en moyenne 16 mois et ont perdu 24%, par contre les marchés haussiers ont duré en moyenne 32 mois et gagné 47%. Depuis 1957, il y a eu 416 mois à la hausse et 104 mois à la baisse; c’est donc dire qu’à long terme, 80% des mois sont à la hausse. Il est donc judicieux de profiter des baisses du marché pour réinvestir et ainsi augmenter nos gains lorsque les marchés seront inévitablement à nouveau à la hausse.
Pour consulter et imprimer le document, téléchargez (c'est gratuit) le logiciel Acrobat Reader en cliquant sur l'icône ci-dessous, et suivez les instructions données pour le téléchargement du logiciel.
Téléchargez
Cette somme peut vous paraître improbable à première vue et pourtant elle est à la portée de la plupart des familles québécoises. En effet, le régime de retraite est un processus qui nécessite surtout une planification à long terme et un peu de discipline annuelle.
La somme de 440 000 $ est le résultat d'un placement initial de 10 000 $ dans un RER et d'une contribution annuelle de 3 000 $, pour la période comprise entre le 30e et le 60e anniversaire de naissance. Bien évidemment, cet argent doit être réparti judicieusement sous formes d'actions, d'obligations et de quelques autres produits de placement susceptibles d'offrir un rendement annuel moyen de 8 % ou mieux, pour l'ensemble du portefeuille.
Ces économies de 440 000 $ n'excluent pas la possibilité pour notre couple de posséder, en plus, une propriété, un fonds de pension privé de l'employeur et peut-être même un ou des immeubles à revenus.
Mais attention ! Bien que cette somme paraisse importante, elle ne sera pas suffisante en l'an 2030, à cause de l'augmentation du coût de la vie, pour assurer une retraite à 60 ans. Si vous ne contribuez pas à un régime de retraite privé de l'employeur et que le RER est votre seule source de revenus au moment de la retraite, il vous faudra investir davantage annuellement.
Voilà pourquoi il est primordial, dès votre jeune âge, d'élaborer une planification de retraite personnalisée. Cet exercice, révisé régulièrement, facilitera vos choix de dépenses et de placements, vous assurant une retraite à l'abri des soucis financiers.
Lorsque nous tentons de déterminer les meilleures entreprises dans lesquelles nous devrions investir pour maximiser nos placements, nous avons le réflexe, tout naturel, de nous tourner vers des entreprises que nous connaissons tels la Banque Nationale, BCE, Bombardier…
Bien que cette façon de faire soit légitime, il ne faut pas oublier qu'une bonne répartition d'actifs doit comprendre, pour des raisons évidentes, une partie d'investissements hors du Canada.
L'une des principales raisons à considérer est que le Canada ne représente que 2 % de la valeur boursière mondiale alors que, par exemple, les États-Unis représentent environ 50 % de cette valeur.
Un autre facteur à ne pas négliger est que 40 % de l'économie canadienne se rapporte au secteur des ressources naturelles (or, cuivre, argent, produits forestiers, pétrole…). Ce secteur, indispensable dans la production de biens de base, ne connaîtra pas une véritable progression au cours des prochaines années.
Les secteurs d'activités qui jouiront d'une croissance marquée se retrouvent davantage au niveau de la technologie, de la biotechnologie et des produits pharmaceutiques. Or, les principales entreprises oeuvrant dans ces domaines sont américaines.
Le tableau ci-dessous, élaboré à partir de données publiées dans le journal Les Affaires, démontre bien l'écart de rendement entre les investissements canadiens et les investissements étrangers.
| Pays | Indice boursier | Rendement annuel % |
1 000 $ canadien après 14 ans |
| Canada | TSE 300 | 9,6 | 3 928 $ |
| Japon | MSCI Japon | 10,9 | 4 695 $ |
| Allemagne | MSCI Allemagne | 19,3 | 14 077 $ |
| États-Unis | Standard & Poor 500 | 19,6 | 14 563 $ |
| Angleterre | MSCI Angleterre | 19,7 | 14 839 $ |
| France | MSCI France | 21,7 | 19 121 $ |
| Hong Kong | MSCI Hong Kong |
23,3 | 23 032 $ |
Je relisais récemment un article écrit par François Rochon, gestionnaire de portefeuille, et publié dans le journal Les Affaires du 8 mai 1999. M. Rochon y décrivait l'essor de la compagnie américaine Intel, un géant de l'industrie du semi-conducteur. Elle domine l'immense marché des microprocesseurs destinés aux ordinateurs. Intel fût fondée en 1968 avec un capital de départ de 2,3 M $ US. L'action d'Intel émise en 1971, à d'environ 0,02 $, a explosé de 280 000 % en 28 ans : ainsi un placement de 3 000 $ dans cette entreprise en 1971 vaudrait aujourd'hui 8 400 000 $.
À ses débuts, Intel dominait l'industrie des mémoires destinées aux ordinateurs. Bien qu'elle ait mis au point le premier microprocesseur en 1971, l'entreprise n'est devenue un chef de file qu'en 1980, lorsqu'elle a décroché un contrat de la compagnie IBM. Son microprocesseur est aussi devenu le cerveau des premiers ordinateurs personnels. Cette entreprise, dirigée de main ferme avec de solides avantages concurrentiels et une position dominante dans son marché, aura permis à de nombreux actionnaires de s'enrichir plus rapidement que la moyenne des cours boursiers.
Cet immense succès démontre bien l'importance d'investir dans les nouvelles technologies. Voici quelques éléments qui devraient guider votre politique de placement dans les années à venir :
Toutefois, comme je l'ai mentionné dans la chronique précédente, les titres technologiques, de télécommunication et de biotechnologie doivent occuper un place importante dans tout portefeuille équilibré, mais une analyse approfondie demeure indispensable pour déterminer dans quelles entreprises il est judicieux d'investir.
Nous sommes en plein coeur de la révolution technologique qui bouleverse nos habitudes traditionnelles. De jeunes entreprises du secteur des technologies qui n'existaient pas il y a cinq ans peuvent prétendre à un chiffre d'affaires et à des actifs de plusieurs milliards de dollars. Qui, il y a cinq ans, connaissait Amazon, eBay, Yahoo ? Qui aurait parié que la valeur en bourse de ces sociétés dépasserait un jour celle de Boeing, Ford ou IBM ?
Les nouvelles technologies entrent dans nos vies plus rapidement que jamais. Par exemple, 16 ans seulement après l'invention de l'ordinateur personnel, le quart des ménages américains en possédaient un et ,d'ici l'an 2005, il aura suffi d'un peu plus de 20 ans à l'industrie du sans fil pour compter un milliard d'abonnés. Dans le passé, il fallait souvent attendre de nombreuses décennies avant que de nouveaux produits soient intégrés à la vie quotidienne. À titre d'exemple : inventée dans les années 1870, l'électricité n'est devenue disponible de façon universelle que 50 ans plus tard.
Il est fort probable que vous avez des exemples de l'influence des technologies dans votre environnement : vidéo, DVD, ordinateur, agenda électronique, téléphone cellulaire…
Nous pouvons affirmer que cette révolution technologique crée une vague d'innovations encore jamais vue. Ce phénomène pourrait générer des billions de dollars de nouvelle richesse dans les années à venir. Aucun secteur et aucune firme ne sera épargné par l'évolution technologique qui frappera l'économie mondiale au cours des prochaines années.
Est-ce que vous pouvez ignorer cette révolution technologique dans
la gestion de vos placements ?
Je pense que les dix prochaines années favoriseront les investisseurs
visionnaires qui auront privilégié ce secteur d'activités. Mais, il ne
faut pas perdre de vue que les titres technologiques sont très chers. De
plus, bons nombres de ces nouvelles entreprises fusionneront, seront
achetés ou tout simplement disparaîtront. Les titres technologiques et de
télécommunication doivent occuper une place importante dans tout
portefeuille équilibré mais une analyse approfondie est indispensable pour
déterminer les entreprises dans lesquelles il est judicieux d'investir.
Dalbar 09/03/00 - Une bonne logique financière nous avise d'acheter bas et de vendre haut. Trop souvent, les investisseurs de fonds mutuels font l'inverse. Ils achètent un fonds mutuel lorsqu'il est très en vogue et vendent leurs parts de ce fonds lorsqu'il a perdu la faveur du marché.
C'est ce que démontre une nouvelle étude faite par Dalbar Inc. Ils ont analysé une période entre mars 1990 et décembre 1999 et ont découvert que les Canadiens n'obtiennent pas le rendement affiché des fonds mutuels qu'ils possèdent. L'étude démontre que, par exemple, un individu investit dans le marché domestique, par le biais d'un fonds mutuel, a obtenu un rendement moyen annuel composé de 7,15 %, tandis que l'indice TSE 300 affiche 11,53 %, pour la même période.
Cette étude pointe du doigt une tendance malheureuse chez les investisseurs à garder leurs parts de fonds mutuels moins longtemps qu'auparavant. L'étude suggère que l'accès aux courtiers à escompte et surtout à l'arbitrage par l'Internet, sont deux des raisons pour cette baisse. Lorsque l'investisseur reçoit son relevé et réalise que la valeur de ses parts a baissé, ce sont les émotions qui parlent et non la logique. Avoir accès à l'arbitrage par l'Internet peut inciter l'investisseur à vendre ses parts sur un coup de tête et les vendre à un prix moindre que le prix d'achat. Conclusion : l'investisseur qui se livre à du « market timing », sans le bénéfice de conseils professionnels, n'améliore par son sort. Des études précédentes, qui remontent jusqu'à 1994, démontrent que ceux qui ont investi avec un conseiller financier ont reçu de meilleurs rendements, car ils ont été encouragés à conserver leurs placements pour le long terme.
Par Larry Sarbit,
Vice-président principal et portefeuilliste
AIC limitée
Quand le philosophe anglais du XVIe Francis Bacon a affirmé que : « L'homme préfère croire à ce qu'il préférerait être vrai », il aurait très bien pu décrire la situation actuelle de nos marchés boursiers.
En ce moment, il y a un trop grand nombre d'investisseurs qui préfèrent croire que tout va bien et que les actions n'ont jamais été aussi attrayantes. Pourtant, à mon avis, la marge d'erreur est très mince. Si on prend pour acquis que ce présent marché haussier a débuté en été 1982, la bourse américaine, telle que mesurée par l'indice Standard&Poor's 500, a progressé à un taux annuel composé de plus de 20 %. Il s'agit d'une réussite exceptionnelle, surtout si on considère que les rendements annuels sur de plus longues périodes (comme sur les dernières 70 années) ont été de 12,9 %.
Pendant combien de temps, si vous me permettez de poser la question, peut-on générer des rendements de 20 % quand le produit intérieur brut n'augmente que de 3 ou 4 % par année ?
Le résultat de toute cette joyeuse inflation du cours des actions, c'est que pour obtenir une unité de l'indice S&P aujourd'hui, il faut payer plus de 28 fois les bénéfices prévus pour 1999. Cela représente 28 années des bénéfices actuels.
En d'autres termes, si les sociétés dans l'indice S&P 500 avaient l'obligation de verser tous leurs bénéfices en dividendes, le rendement comptant pour l'actionnaire ne serait que d'environ 3,5 %. Quand les obligations du gouvernement américain à 30 ans, garanties par celui-ci, donnent un rendement de plus de 6 %, pourquoi acheter des actions ?
Je ne prétends pas avoir une boule de cristal qui me montre l'avenir. J'irai même plus loin en disant que le taux de réussite de mes prévisions est reconnu comme étant très mauvais. Mais, à mon avis, personne n'est en mesure de savoir d'avance ce qui va se passer. Tout ce que je peux dire du futur, c'est que je serais énormément surpris si les performances des vingt prochaines années avaient la moindre ressemblance, avec les rendements qu'on a obtenus ces derniers 15 à 20 ans. Warren Buffet, le fameux investisseur d'Omaha considéré comme un sage, écrivait en 1986 : « Rien ne serait plus merveilleux que de participer à un marché boursier haussier dans lequel les bénéfices des investisseurs n'auraient miraculeusement aucun rapport avec la performance des sociétés elles-mêmes. Malheureusement, les actions ne peuvent pas indéfiniment progresser plus vite que l'évolution des affaires. »
Plusieurs articles ont paru récemment, qui reflètent une nouvelle manière de penser. Un article publié en janvier dans les pages du Wall Street Journal annonce que pratiquement tout au long de l'histoire, les investisseurs ont sous-évalué les entreprises. Ce n'est que récemment qu'ils ont compris et payé des prix appropriés pour la plupart des sociétés. En mars, un autre article dans le même quotidien déclarait que les cours boursiers demeurent encore beaucoup trop bas. Les auteurs, deux chercheurs de l'American Enterprise Institute, estiment que l'indice Dow Jones devrait être à 36 000, au lieu de son niveau actuel dans les 11 000.
Comment peuvent-ils établir un tel niveau, direz-vous ? C'est bien simple : au lieu de calculer une prime de risque pour la détention d'actions, à 3 % présentement, ils déclarent que le vrai niveau de risque est (êtes-vous assis ?) de zéro.
Eh oui, ces gens-là estiment qu'investir dans une entreprise, c'est une activité qui ne comporte aucun risque. L'histoire financière est pleine de tels exemples d'excès et de révisionnisme. Qu'on se rappelle la spéculation sur les tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle, la débâcle des Mers du Sud du siècle suivant, le krach boursier des années 1920, les turbulences boursières au début des années 1970, et ainsi de suite. Dans chaque cas, les investisseurs ont changé les règles du jeu et les critères établis, afin de justifier des niveaux de prix élevés qui, selon les méthodes de mesure traditionnelles, n'auraient jamais dû continuer à monter. À tout le moins, cela devrait nous forcer à prendre une pause pour réfléchir.
Qu'est-ce que le pauvre investisseur peut faire dans tout ça ? Tout d'abord, ne vous laissez pas jeter de la poudre aux yeux par les penseurs nouvel âge qui veulent vous vendre des potions d'huile de serpent et vous faire croire que noir, c'est maintenant blanc. Nous ne devons pas perdre la raison et prétendre qu'il n'y a pas d'excès. Certes, Internet est promis à un bel avenir, mais ce n'est pas en suivant les autres comme un mouton et en achetant à des prix ridiculement élevés des actions de sociétés imprévisibles qu'on construit sa richesse à long terme. Votre mère avait raison, si les autres vous disent de sauter depuis le pont, ce n'est pas une raison pour que vous le fassiez.
Permettez-moi d'ajouter dans le même souffle que je ne vous recommande pas ici d'éviter les actions. Il y a toujours des occasions, même quand les bourses sont à des niveaux généralement élevés. On peut détenir des actions tout en limitant le risque.
Donc, ma réponse est, retournez aux données de base qui par le passé ont bien servi les investisseurs dans les bonnes comme les mauvaises périodes.
La plus importante leçon en investissement qu'on puisse avoir, c'est le concept que nous a appris Benjamin Graham il y a quelque 65 ans : achetez avec une marge de sécurité.
M. Graham était professeur de finance à la Columbia Business School 'et l'un de ses illustres étudiants fut un jeune homme nommé Warren Buffett. Le concept est simple et efficace : acheter en tout ou partie une société de haute qualité et appelée à durer, en obtenant un escompte substantiel sur sa valeur intrinsèque.
Comme ça vous limitez le risque de baisse. La règle la plus importante 'et celle qu'on oublie le plus volontiers ces temps-ci, c'est la fameuse idée qu'il faut préserver le capital.
Il y a trois choses dont je suis assuré, sur notre bonne vieille Terre : les impôts, la mort et les lois de la gravité, qui s'appliquent aussi bien aux pommes qu'observait Sir Isaac Newton qu'aux actifs financiers dont les prix sont surévalués. Alors, allez-y avec précautions.
Par Larry Sarbit,
Vice-président principal et portefeuilliste AIC limitée
De nos jours, être un investisseur branché sur la valeur, c'est comme avoir une maladie contagieuse : personne ne veut plus vous approcher. Pendant que chacun raconte ses exploits boursiers réussis avec des sociétés qui s'appellent ceci ou cela « .com », vous essayez de changer la conversation. Voici quelques conseils. Si vous détenez de bonnes actions, ou des parts d'un fonds commun de placement composé principalement de sociétés de haut calibre acquises à bon prix, reprenez courage et n'abandonnez pas le bateau trop tôt. La valeur et la qualité vont finir par récompenser l'investisseur. On donne l'adjectif valeur aux actions d'entreprises que le marché cote à un prix inférieur à leur valeur véritable ou, du moins, à la valeur que les investisseurs branchés sur la valeur leur donnent. Il y a de nombreuses manières reconnues de déterminer si une action est sous-évaluée. Les mesures comme de bas rapports prix/bénéfice, prix/ventes et prix/valeur comptable, la comparaison du prix par rapport à la valeur présente des flux de trésorerie futurs, etc., ont toutes leurs supporters. Malgré tout cela, ce dont il s'agit véritablement, ce sont des entreprises que la plupart des gens n'aiment pas et dont ils ne veulent pas dans leur portefeuille. Un événement négatif quelconque a eu lieu 'des bénéfices qui ont déçu, par exemple 'qui a déplu au marché. Alors, quand on détient des actions dont personne ne veut, on mène une existence plutôt solitaire, qui n'a rien à voir avec l'exultation qu'on ressent quand on a une action qui double en deux jours ou quand le poste de télévision vous appelle et vous implore de révéler quelle action sera la prochaine à décoller pour la lune. Au contraire, cela ressemble plutôt à une expédition en direction de la décharge municipale, où l'on va fouiller à la recherche d'un trésor parmi les ordures, un processus assez éprouvant et qui ne donne habituellement absolument rien, sauf quand tout à coup vous trouvez un diamant.
Écoutez cette histoire d'un diamant maudit. Juste avant l'été 1993, l'un des enfants chéris de Wall Street était la Student Loan Marketing Association, mieux connue sous le surnom de Sallie Mae. Sallie avait été créée par le Congrès américain au début des années 1970, pour aider les étudiants à financer leurs études post-secondaires. Le coût des études augmentait dramatiquement et les étudiants éprouvaient des difficultés à emprunter, les banques ne voulant pas prendre de risques avec ce genre de clientèle. À la fin du premier trimestre de 1993, Sallie détenait presque 25 milliards $US de prêts étudiants. Les investisseurs regardaient cette société qui avait un rapport prix/bénéfice élevé 'il atteignait 18 'et ils étaient impressionnés. Mais 18, pourquoi pas ? Après tout, c'était une société en pleine croissance où le gouvernement garantissait pratiquement tous les bénéfices, alors où trouverait-on donc moins de risques que cela ? Malheureusement, Sallie Mae a attiré l'attention du président Bill Clinton. Pourquoi Sallie et les banquiers bien nourris devraient-ils faire des profits sur le dos des pauvres étudiants, se demande-t-il. Et le président passa à l'action en créant le Direct Loan Program, qui en deux ans devait attirer 40 % des nouveaux prêts étudiants en étant moins coûteux et plus efficace que le système privé. À Wall Street, l'action Sallie Mae chuta, en passant de plus de 75 $ à un premier palier de 52 $ environ. Tout comme les gens qui sont attirés par les scènes d'accidents et de catastrophes, cela a suscité ma curiosité. J'ai préparé une évaluation de la société et je me suis rendu compte que sa valeur liquidative correspondait à environ 55 $ par action. De plus, le succès du Direct Lending Program n'était pas vraiment assuré. J'ai fait mon premier achat à un peu plus de 40 $. J'étais fier de moi, ayant su attendre pour un prix encore plus bas. Mais les nouvelles ne s'amélioraient pas. Finalement, les analystes de Wall Street, ceux qui recommandaient d'acheter des actions Sallie Mae à des cours de plus de 60 $ et plus de 70 $, changèrent d'avis et conseillèrent de conserver ou de vendre à des prix dans les 50 $ et 40 $. À partir de ce moment-là, j'ai dû endurer toute une année de mauvaises nouvelles et de cours toujours plus bas. Ma réaction 'plutôt suicidaire 'fut de continuer à acheter des quantités d'actions de plus en plus importantes, jusqu'à ce que le cours soit tombé à presque 30 $ ! Mis à part le courtier, tout le monde pensait que j'avais un besoin pressant d'aller en thérapie. Plus l'action baissait, plus j'achetais et plus les gens doutaient si j'étais sain d'esprit. Dans la société où je travaillais, j'étais le seul qui achetait ces actions et, à l'interne, ma stratégie ne suscitait pratiquement aucun soutien. Bref, ce fut une expérience de solitude, psychologiquement difficile et, pourtant, en bout de ligne, une expérience extrêmement rentable. Depuis son plancher de 32 $ (avant fractionnement), l'action a grimpé à un sommet de presque 180 $ en juillet dernier. Sallie Mae est l'un de ces diamants maudits dont personne ne veut. Pourquoi les gestionnaires professionnels de Wall Street ne saisissent-ils pas plus d'occasions comme celle-ci ? C'est parce que nous sommes dans un environnement propulsé par la bourse, et les investisseurs veulent des résultats immédiats. Ces temps-ci, investir pour une année, c'est du long terme, et 10 ans, c'est l'éternité. Dans un monde où l'investisseur s'attend à un rendement de 20 % et plus par année et l'exige même, détenir des actions ou des parts de fonds de placement qui ne montent pas ou, pire, qui baissent, c'est inimaginable. La morale de cette histoire ? La patience (et non l'appât du gain) est une vertu abondamment louangée mais rarement pratiquée.
|
Financière Banque Nationale Inc. (FBN)
est une filiale indirecte en propriété exclusive de la Banque
Nationale du Canada. |
|
Les renseignements contenus aux
présentes ont été préparés par Sylvain Marleau, un conseiller en placement
de la FBN. |
|
Le contenu du site s'adresse uniquement aux résidents des provinces du Québec et de l'Ontario. |